Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Marine Le Pen Marine Le Pen Marine Le Pen Tribune Paul Cassia professeur de droit public La délinquance en col blanc n’est pas moins grave que les autres types de crime ou de délit, estime, dans une tribune au « Monde », le juriste Paul Cassia, qui se demande comment la figure d’une formation politique prônant la fermeté en matière pénale peut briguer l’investiture suprême, alors qu’elle vient d’être condamnée pour détournement de fonds publics. Publié aujourd’hui à 18h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Dans l’histoire politique récente, deux anciens présidents de la République – Jacques Chirac (1932-2019) et Nicolas Sarkozy – ont été condamnés par la justice pénale pour des faits d’atteinte à la probité publique, une fois leurs mandats respectifs achevés. De manière inédite, en mai 2027, il n’est pas impossible qu’accède à l’Elysée une candidate, Marine Le Pen, ayant été condamnée, en première instance comme en appel, pour détournement de fonds publics commis pendant onze années d’affilée. L’affaire des assistants parlementaires au Parlement européen du Front national [ancien nom du Rassemblement national], très habilement réglée par la cour d’appel de Paris, soulève, en creux, cette question essentielle : comment expliquer qu’une violation grave de la probité publique ne soit plus, en elle-même, par principe et indépendamment de la règle de droit, un motif d’empêchement de se présenter en conscience à l’exercice d’une fonction publique, à plus forte raison à l’élection à la présidence de la République ? Par prolongement, comment justifier que la figure d’une formation politique qui prône la fermeté en matière pénale, qui réclame l’inéligibilité à vie des corrompus, qui s’oppose aux réductions et aux aménagements de peine, qui fustige le moindre fait de délinquance non financière, dès lors qu’il est commis par un ressortissant étranger, soit en passe d’accéder à l’Elysée, alors que cette formation a elle-même été, ainsi qu’une dizaine de ses principaux dirigeants, condamnée par la justice pénale ? La candidature à la présidentielle d’une personne sanctionnée pour détournement de fonds publics est l’ultime marqueur de la dégradation des standards de l’éthique publique amorcée il y a une dizaine d’années. Chacun se souvient pourtant qu’en 2017 l’actuel président de la République, Emmanuel Macron, avait bâti sa campagne électorale sur le contraste entre sa candidature et celle de François Fillon : lorsqu’il serait président, affirmait-il, la République serait exemplaire. C’est tout le contraire qui s’est produit : loin d’être disqualifiés par leur mise en cause devant le juge pénal, plusieurs ministres de M. Macron sont ainsi restés en fonctions, voire se sont présentés à des élections locales, et le nombre des atteintes à la probité a explosé (+ 16 % entre 2024 et 2025, selon les chiffres donnés par l’Agence française anticorruption). Il vous reste 58.15% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La candidature à la présidentielle de Marine Le Pen constitue l’ultime marqueur d’une dégradation de l’éthique publique »
TRIBUNE. La délinquance en col blanc n’est pas moins grave que les autres types de crime ou de délit, estime, dans une tribune au « Monde », le juriste Paul Cassia, qui se demande comment la figure d’une formation politique prônant la fermeté en matière pénale peut briguer l’investiture suprême, alors qu’elle vient d’être condamnée pour détournement de fonds publics.















