Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Marine Le Pen Marine Le Pen Marine Le Pen Le sociologue Etienne Ollion explique, dans un entretien au « Monde », que le choix des juges de la cour d’appel de Paris de préserver « la liberté de l’électeur » procède d’une logique implicite selon laquelle la justice ne doit pas trop intervenir dans le jeu politique. Read in English Article réservé aux abonnés Directeur de recherche en sociologie au Centre national de la recherche scientifique et professeur à l’école Polytechnique, Etienne Ollion est le coauteur, avec le philosophe Michaël Fœssel d’Une étrange victoire. L’extrême droite contre la politique (Seuil, 2024, 192 pages, 19 euros). Il analyse la candidature de Marine Le Pen, condamnée pour détournement de fonds publics par la cour d’appel de Paris le 7 juillet dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national (FN, devenu Rassemblement national), comme le double signe d’un progrès de l’indépendance de la justice et de la normalisation de l’absence de probité en politique. Marine Le Pen, candidate à l’élection présidentielle, placée en tête des sondages, va faire campagne alors qu’elle a été reconnue coupable de détournements de fonds publics. Comment analysez-vous cette situation ? La cour d’appel de Paris a été très claire : elle a déclaré Marine Le Pen coupable. Ce faisant, elle confirme un mouvement de fond dans les rapports entre pouvoir politique et autorité judiciaire. Depuis les années 1990, une succession d’affaires a débouché sur un contrôle plus strict des gouvernants, avec notamment la création de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique en 2013. Dans les années 1970 et 1980, un élu de premier plan n’aurait probablement pas été inquiété par la justice, a fortiori sur une affaire de financement de la vie politique sans enrichissement personnel. Il faut se souvenir des polémiques qui ont éclaté quand des juges ont enquêté sur le financement de la vie politique au tournant des années 1990 : c’était un scandale, car c’était impensable. En 1995, encore, le Conseil constitutionnel avait fini par valider les comptes de campagne de Jacques Chirac (1932-2019) et d’Edouard Balladur, pourtant reconnus ultérieurement comme « manifestement irréguliers ». Cette quasi-absence d’intervention sur les questions de probité durait, comme l’a montré Eric Buge dans un ouvrage remarqué (L’Eclipse de la vertu, Seuil, 444 pages, 24,50 euros), depuis la Révolution française. Et si la condamnation de Marine Le Pen n’est pas une première, celle-ci est forcément symbolique, car elle est candidate à la magistrature suprême, dans moins d’un an, et qu’elle figure en tête des sondages. Il vous reste 66.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Condamnation de Marine Le Pen : « C’est une idée très française de considérer que si l’on empêche une personne de se présenter, c’est l’ensemble de la démocratie qu’on entrave »
Le sociologue Etienne Ollion explique, dans un entretien au « Monde », que le choix des juges de la cour d’appel de Paris de préserver « la liberté de l’électeur » procède d’une logique implicite selon laquelle la justice ne doit pas trop intervenir dans le jeu politique.














