Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Emploi Emploi Emploi Management Management Management La stratégie d’entreprise apparaît à de nombreux salariés comme un exercice opaque, déconnecté du terrain, voire instrumentalisé pour faire accepter des réorganisations. Article réservé aux abonnés « La direction nous parle d’IA [intelligence artificielle] à tout bout de champ, mais on ne comprend pas les objectifs. On a des formations pratiques en ligne, cependant on ne nous dit rien sur les impacts. On a l’impression que ça tâtonne. » Cadre supérieure chez Orange, Tatiana (les salariés mentionnés par leur seul prénom ont souhaité rester anonymes) s’inquiète du manque de transparence des patrons du groupe sur l’IA. « J’ai le sentiment qu’ils cachent leur copie, peut-être par peur des réactions des équipes », poursuit-elle. Un cas loin d’être isolé. D’après une enquête sur la santé au travail publiée en mars par l’IFOP, plus d’un salarié sur deux ne perçoit pas de stratégie claire de son employeur en matière d’IA. « Beaucoup d’entreprises sont encore en train de définir leur trajectoire », commente au Monde le cabinet de conseil Boston Consulting Group. Ce flou suscite des interrogations : ChatGPT a été lancé il y a plus de trois ans, et beaucoup d’entreprises se servent déjà de l’IA pour justifier des plans de licenciement. « Nous avons formé plus de 65 000 salariés à l’IA. Nous avons fait le choix de laisser le temps à chacun de découvrir comment elle peut concrètement l’aider, plutôt que d’imposer un rythme uniforme », défend Laurent Aufils, directeur IA et transformation du travail du groupe Orange. Entre les états-majors des entreprises et les salariés sur le terrain, les malentendus ne sont pas rares. Par exemple, quand les convictions changent brusquement avec l’arrivée d’un nouveau patron. Orange avait ainsi lancé sa banque en ligne en 2017 avant de faire machine arrière sous Christel Heydemann. Chez Stellantis, l’Italien Antonio Filosa revient sur l’électrification à marche forcée chère à son prédécesseur Carlos Tavares. « On relance aux Etats-Unis des énormes moteurs thermiques V8 sur des 4 x 4 monstrueux. En plein dérèglement climatique, quel message envoie-t-on aux Américains qui ont subi des méga-incendies ou des tempêtes ? », s’interroge Stéphane, un cadre du constructeur automobile. Il vous reste 71.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.