Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Emploi Emploi Emploi Management Management Management Confrontés à de multiples défis (environnemental, technologique…), de nombreux dirigeants français doivent aujourd’hui faire leur « révolution copernicienne », nous explique l’ouvrage collectif érudit dirigé par Edouard Dequeker, Emmanuelle Duez et Ibrahima Fall, dont le propos aurait gagné à plus d’ancrage sur le terrain. Article réservé aux abonnés La métaphore paysagère peut être un précieux appui pour comprendre l’environnement dans lequel évoluent les entreprises hexagonales. Ainsi peut-on lire dans Le commandement ne dort jamais (L’Aube, 237 pages, 22 euros) que le XXe siècle fut, pour leurs dirigeants, le temps des jardins à la française, tout en symétrie et contrôle. « L’Etat-architecte pouvait tout planifier, tout maîtriser, tout ordonner. » Un siècle « de silos, pas de porosité. De métiers, pas d’écosystèmes. De hiérarchies claires (…), pas de “réseaux souples” ». Tout change au XXIe siècle, avec l’immersion dans les jardins à l’anglaise, « où l’ordre émerge du chaos apparent [et où] il faut désapprendre à maîtriser ». L’ouvrage, dirigé par Edouard Dequeker, professeur à l’Essec, Emmanuelle Duez, dirigeante d’entreprises, et Ibrahima Fall, docteur en sciences de gestion et président du cabinet Hommes & Décisions, et placé sous le haut patronage du Centre des hautes études militaires, se propose d’explorer cette bascule vertigineuse vers l’ère de l’instabilité, qui s’est imposée avec la multiplication des crises et défis (environnemental, technologique, économique…) auxquels doivent désormais faire face les organisations. Elle nous est décryptée au fil des pages par le dirigeant fictif d’un grand groupe qui livre, dans un journal de bord, ses réflexions sur les transformations s’imposant aujourd’hui aux entreprises, et sur la manière de les mener – dans une approche parfois trop conceptuelle, qu’on aurait aimée plus en prise directe avec le terrain. A travers ce narrateur, les auteurs ont agrégé la parole de plusieurs décideurs issus des terrains civil et militaire, de la DRH d’Axa France, Amélie Watelet, au général d’armée de gendarmerie Christian Rodriguez. Que nous enseignent-ils ? Tout d’abord, et sans vraiment de surprise, que l’entrée dans ce monde en perpétuel mouvement est un défi particulièrement complexe pour les décideurs. Une véritable « rupture anthropologique », expliquent les auteurs. Car, s’ils pouvaient se sentir à l’aise dans un univers où primaient la « maîtrise technique », la rigueur et la méthode, ils se voient dans l’obligation de « sortir de leur zone de confort » en rejoignant un monde où la « capacité d’adaptation » s’impose et où « le contrôle total [n’est qu’]une illusion ». Il vous reste 40.02% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.