Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement COLCANOPA Économie Économie Économie Conditions de travail Conditions de travail Conditions de travail Par Thomas Lestavel Publié aujourd’hui à 11h00, modifié à 18h05 Article réservé aux abonnés EnquêteAgendas saturés, journées hachées, tâches indispensables repoussées au soir ou au week-end… Dans beaucoup d’entreprises, les salariés dénoncent une organisation du travail devenue contre-productive, qui use les nerfs et plombe l’efficacité. Un empilement de lignes de diverses couleurs. Sur le téléphone de François (tous les témoins identifiés par un prénom ont requis l’anonymat), le calendrier professionnel est saturé de réunions. Du lundi au vendredi, entre 9 heures et 19 heures, tous les créneaux sont pris, plusieurs semaines à l’avance. Deux ou trois rendez-vous se superposent, parfois au même moment. « Le sport national, dans ma boîte, c’est de coller des réunions sans vérifier que tout le monde est disponible », soupire ce commercial d’un grand groupe financier français. « Je passe trente heures par semaine en réunion, renchérit Pierre, chargé d’innovation chez un industriel tricolore. Si vous y ajoutez le temps nécessaire pour répondre aux messages urgents, il ne me reste plus rien pour travailler. C’est un gâchis monumental, une machine infernale. » Seulement 20 % des salariés se sentent engagés au travail, d’après l’étude annuelle 2026 du bureau d’études Gallup, la plus grande enquête mondiale sur le sujet. Cette désaffection tient notamment aux tunnels de réunions, e-mails interminables et autres obligations de « reporting » qui les détournent du cœur de leur métier. « En France, la moitié des salariés se plaignent de ne pas avoir le temps de bien travailler et en souffrent, selon les chiffres du ministère du travail », indique la psychologue Marie Pezé, coordinatrice du réseau Souffrance et travail. Un sentiment qui dépasse la seule population des cadres. Le groupe Microsoft, qui équipe de nombreuses entreprises avec ses logiciels comme Outlook et Teams, scrute le phénomène de près. Il publie chaque année un baromètre sur le quotidien au bureau ; la dernière édition, parue en juin 2025, sur la base de 31 000 répondants dans 31 pays et de « milliards » de données, égrène des chiffres effrayants : 117 courriels par jour en moyenne, une interruption toutes les deux minutes par une notification, un message ou une réunion… La moitié des salariés qualifient leurs journées de « chaotiques et fragmentées ». Il vous reste 79.9% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Je passe trente heures par semaine en réunion, c’est un gâchis monumental » : quand les entreprises empêchent leurs salariés de travailler
Agendas saturés, journées hachées, tâches indispensables repoussées au soir ou au week-end… Dans beaucoup d’entreprises, les salariés dénoncent une organisation du travail devenue contre-productive, qui use les nerfs et plombe l’efficacité.








