Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Emploi Emploi Emploi Management Management Management Chronique Jules Thomas Dans les entreprises privées, les troubles musculosquelettiques, la traumatologie et les cancers sont relégués loin derrière la santé mentale comme cause des arrêts de travail, selon l’étude annuelle de Malakoff Humanis, décryptée par le journaliste du « Monde » Jules Thomas dans sa chronique. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Carnet de bureau. « J’en ai marre, je vais me mettre en arrêt ! » Cette affiche, inscrite dans la campagne gouvernementale lancée en avril et visant à réduire l’absence au travail, a choqué syndicats et médecins du travail, car elle attribuait une large place aux comportements abusifs de certains salariés. C’est un fait, l’absentéisme augmente, et continue de grimper : il a atteint 4,3 % en 2025, soit une augmentation d’un quart depuis 2019, révèle l’édition 2026 de l’étude annuelle de Malakoff Humanis sur l’absentéisme dans le secteur privé publiée le 9 juin. « Il s’agit du nombre de jours d’arrêt rapporté au nombre de jours calendaires. Si l’on ramène ce chiffre au volume total de salariés du privé, cela représente une moyenne de 900 000 à 1 million d’équivalents temps plein arrêtés simultanément, extrapole Eric Vaudaine, directeur général délégué du groupe de protection sociale. C’est un sujet pour les pouvoirs publics, et le reflet d’une population qui n’est pas bien. » Reste à s’intéresser au détail des chiffres, et aux causes profondes de cette envolée. L’étude Malakoff a non seulement analysé les arrêts des 3,8 millions de salariés de sa base clients, mais aussi interrogé les pathologies renseignées par 135 000 salariés ayant vécu un arrêt de plus de trente jours entre 2020 et 2025, ainsi que les perceptions d’entreprises, de salariés et de médecins. Premier enseignement, ce sont bien les arrêts longs (d’une durée supérieure à soixante jours) qui continuent de porter la dynamique. Ils progressent de 4,9 % en un an, et représentent 63,8 % des journées d’absence. Plusieurs populations font l’objet d’une alerte : les cadres, qui ont vu leur taux grimper de 35,2 % par rapport à 2019, contre + 26,6 % pour les non-cadres, même si ces derniers demeurent plus absents ; les plus de 55 ans, dont le taux d’absentéisme est le plus élevé parmi toutes les tranches d’âge, notamment car la durée moyenne d’un arrêt est de quarante jours ; et enfin les jeunes, qui se démarquent par leur « polyabsentéisme », soit un nombre d’arrêts important même s’ils sont plutôt courts. L’étude précise que ces derniers « parlent de difficultés financières accrues, d’emplois perçus comme plus pénibles ou d’un niveau de santé mentale en dégradation ». Il vous reste 40.58% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.