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tress, souffrance, épuisement, burn-out, troubles anxio-dépressifs, traumatismes psychiques, addictions, absentéisme, démissions, suicides… L’augmentation des troubles de la santé mentale est patente. Ils se classent au troisième rang des affections les plus fréquentes, après les cancers et les pathologies cardio-vasculaires : selon l’Organisation mondiale de la santé, une personne sur quatre en moyenne y sera confrontée au cours de sa vie, la pandémie de Covid-19 aggravant ce pronostic.
La France bat le record européen de la prévalence de syndromes dépressifs (11 %, contre 6 % en moyenne pour l’Europe). Et la consommation de psychotropes représente le premier poste de dépense de l’Assurance-maladie. Les troubles mentaux constituent la première cause d’années vécues avec une invalidité et sont responsables de plus d’un tiers de l’absentéisme au travail.
Cette dégradation doit être mise en perspective avec les transformations du travail et de l’emploi. Accroissement des exigences productives, organisation du travail en flux tendu, augmentation des cadences, densification et complexification : les ingrédients du « travail pressé » fabriquent le sentiment, largement partagé, d’être « débordé », « épuisé », « sous l’eau ». Ce travail en apnée use à la fois les corps et la psyché.






