Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement L'époque L'époque L'époque Work in progress Work in progress Work in progress Chronique Nicolas Santolaria « Work in progress ». Au bureau, le travailleur, submergé de sollicitations, devient moins disponible pour les échanges qui comptent vraiment, observe, dans sa chronique, Nicolas Santolaria, journaliste au « Monde ». Publié aujourd’hui à 17h30, modifié à 17h32 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Au bureau, je suis récemment devenu l’heureux propriétaire d’un casque antibruit pour chantier. N’allez pas imaginer pour autant que j’écris désormais mes articles au marteau-piqueur. Non, la vertu de cet objet, que je n’ai pas encore réellement mise à profit, est de lutter contre un mal endémique en entreprise : la « désattention ». Avec un casque sur les oreilles, on peut enfin s’immerger pleinement dans un truc à faire sans risquer d’être interrompu par un collègue qui vient vous taper sur l’épaule. Car le casque ne fait pas que vous isoler du bruit, il envoie aussi un message sans équivoque à la communauté environnante, que l’on pourrait résumer par : « Je vous aime bien, mais merci de me lâcher la grappe. » Nulle misanthropie dans cette attitude que dicte un simple réflexe de survie psychique. D’après une étude Ipsos-BVA parue en juin, les salariés français sont interrompus 4,7 fois par heure, soit, en moyenne, toutes les treize minutes. Ces perturbations ne sont pas forcément produites par le contact humain direct. Aujourd’hui, le travailleur est submergé de sollicitations qui lui parviennent de toutes parts – canaux de messageries innombrables, visios de derrière les fagots, réunions à gogo, demandes incessantes de feed-back et sollicitations inflationnistes dans les boîtes e-mail, etc. –, lesquelles finissent par produire patiemment, lentement, telle les vagues qui grignotent le trait de côte, un sentiment de submersion. Risques de burn-out Cette vampirisation de l’attention, qui ne se cantonne pas au travail, mais relève d’une logique de système plus vaste, fait que l’on est moins disponible pour les rapports humains, pour les échanges qui comptent vraiment, tiraillés entre les différentes injonctions d’un quotidien multitâche. Combien sommes-nous, en réunion, à être « là mais pas là », accaparés par les fenêtres numériques ouvertes sur nos smartphones ou nos ordinateurs portables, répondant à des urgences en partie artificielles ? Il vous reste 50.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Les salariés français interrompus toutes les treize minutes : vers une bataille de l’attention ?
CHRONIQUE. « Work in progress ». Au bureau, le travailleur, submergé de sollicitations, devient moins disponible pour les échanges qui comptent vraiment, observe, dans sa chronique, Nicolas Santolaria, journaliste au « Monde ».







