Lire aussiSaveur acidulée de l’été: la rhubarbe fraîche est au cœur du sorbet Sabato, délicatement teinté de rose.© Alexander D'HietLa différence se voit... et se vit. Les jours de grand soleil, la file s’étire sur des dizaines de mètres, puis tourne à l’angle de la rue et remonte la digue en direction de Zeebrugge. Même en basse saison, un bouchon se forme rapidement devant l’enseigne: l’espace de Crème à l’Aise est si ténu que seules quelques personnes peuvent entrer à la fois.Une telle envolée, le duo ne l’avait pas vue venir. Ils montent Crème à l’Aise en avril 2025, comme activité complémentaire, car le couple exploite aussi deux supermarchés Carrefour indépendants. Leur glacier a d’ailleurs pris place dans un ancien local de stockage de l’un de ces magasins. "Ici, on stockait autrefois les poubelles", lance Aline Arnouts en riant. En déménageant l’espace de stockage sur le côté du magasin, ils ont libéré la place nécessaire à ce projet.Fidèle aux ingrédients frais et sans conservateurs, Crème à l’Aise prépare un "gelato" aux premières heures du jour.© Alexander D'Hiet"Maarten s’intéressait déjà beaucoup à la pâtisserie, et faire de la glace s’y prête parfaitement. Et moi, grande fan de glaces, j’avais envie de faire quelque chose où nous pourrions exprimer notre créativité."À l’époque, Aline Arnouts travaillait dans une banque. Pour préparer leur changement de cap, ils se sont formés à la Gelato University du fabricant de machines à glace Carpigiani, près de Bologne. "On peut suivre une recette à l’aveugle, mais c’est pendant une formation comme celle-là qu’on apprend à comprendre réellement ce qui se passe à chaque étape du processus", explique Maarten Chudzicki. "On apprend par exemple à adapter sa recette à la quantité d’eau ou de sucre contenue dans un coulis de framboise. On comprend beaucoup mieux le fonctionnement du produit.""On peut faire de la glace après quatre heures, mais nous trouvons que le résultat est meilleur si la préparation a le temps de se développer plus longtemps."Le "gelato" contient moins de crème et plus de lait que la glace traditionnelle. Il se conserve aussi à une température moins basse, typiquement -12°C, contre -18°C pour la glace à la crème, ce qui change la texture et la sensation en bouche. Sur le papier, le procédé paraît simple: on cuit les ingrédients, on les refroidit, puis on turbine. "Mais tout se joue dans la manière de le faire", pointe Aline Arnouts.Elle désigne un pastomaster adossé à l’un des murs. "C’est une machine qui nous permet d’abord de chauffer notre mélange, puis de le refroidir. Pendant ce processus, les particules de graisse et les sucres sont homogénéisés, ce qui donne à la glace sa structure soyeuse. Ensuite, on laisse reposer le mélange pour qu’il mûrisse. Et cela aussi influence la texture et le goût."Chez Crème à l’Aise, la base de la "gelato" mûrit ainsi jusqu’à douze heures avant de passer dans la turbine. "En principe, on peut déjà faire de la glace après quatre heures, mais nous trouvons que le résultat est nettement meilleur si la préparation a le temps de se développer plus longtemps."Lire aussi© Alexander D'HietAutre choix: une utilisation minimale de conservateurs, ces additifs qui prolongent la durée de vie des glaces industrielles, mais font perdre en goût. Résultat: la glace se conserve moins longtemps. "Pendant la haute saison, nous produisons donc notre glace fraîche chaque jour", explique Aline Arnouts. Ajoutez à cela la longue maturation de la base, et l’on comprend pourquoi, en plein été, ils terminent parfois leur service à 3 heures du matin.Une brioche con gelatoMalgré de longues journées, le couple garde l’envie d’expérimenter. Dans son comptoir réfrigéré à "pozzetti", quatre cylindres métalliques sont réservés aux nouveautés, qui changent parfois chaque jour. "Nous suivons les saisons, nos envies du moment et les suggestions des clients." On trouve ainsi une glace fraise-basilic ou un sorbet mangue."Nous aimons bien le sorbet. Pour beaucoup de gens, cela évoque une glace aqueuse, mais c’est uniquement le cas s’il n’est pas bien fait", explique Maarten Chudzicki. "Si l’on tient compte de la teneur en sucre et des fibres dans son coulis de fruits, on peut faire un sorbet particulièrement onctueux."En plus de leurs toppings atypiques, le duo propose depuis peu, et en quantité limitée, une tradition sicilienne: la brioche "con gelato". Entre les deux moitiés d’une brioche, ils déposent une boule de glace à la cuillère. Puis la brioche passe brièvement dans une sorte de gaufrier, juste le temps d’être toastée.La file est longue. Le succès au rendez-vous. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Une expansion, plus ambitieuse, est déjà dans les cartons. Dans un nouveau bâtiment, nettement plus grand, à Knokke, les entrepreneurs souhaitent aménager à la fois un atelier et un salon de dégustation. "Nous pourrions y augmenter la production, mais aussi essayer d’autres choses créatives", se projette Aline Arnouts. "Nous aimerions beaucoup, par exemple, cuire nos propres cornets."Crème à l’AiseDuinbergenlaan 127, Knokke-HeistOuvert le vendredi, le samedi et le dimanche, à partir de 11 heuresConsultez Instagram pour les horaires mis à jourTél. 050/55.18.22 www.cremealaise.be | @cremealaiseLire plusDeux étoiles Michelin, cinq personnes en équipe: les sous-cheffes qui font briller Cuines 33 à KnokkeÀ Knokke, découvrez la nouvelle maison de l’architecte d’intérieur Charlotte VercruysseÀ Knokke, la brasserie Rubens fête ses 100 ans et reste une valeur sûre