Pendant des décennies, Volkswagen a symbolisé la puissance de l’industrie automobile allemande au point d’adopter, avec un brin d’arrogance, le slogan « Das Auto ». L’ex-fleuron est aujourd’hui en péril. Le groupe a présenté, jeudi 9 juillet, un plan de réduction de sa capacité de production à neuf millions de véhicules par an, contre dix millions actuellement, tandis que la gamme des modèles serait réduite de moitié. Le chiffre de 100 000 suppressions d’emplois et la fermeture de quatre usines, évoqués dans la presse allemande fin juin, restent à confirmer. Cette restructuration, la plus vaste de l’histoire du groupe, illustre l’épuisement d’un modèle que le monde entier admirait pour son efficacité.

Longtemps Berlin a cru que la compétitivité de ses entreprises suffirait à les protéger des soubresauts de la mondialisation. Volkswagen mais aussi Mercedes et BMW sont désormais en partie victimes de leur propre réussite en Chine. Pendant un quart de siècle, ils y ont investi des dizaines de milliards d’euros, créé des coentreprises, transféré des technologies et formé des milliers d’ingénieurs. Les profits étaient si abondants qu’ils ont conforté la conviction que le libre-échange demeurait leur meilleur allié, tout en masquant leurs fragilités, notamment leur retard dans les logiciels et le véhicule électrique.