09 juillet 2026Aujourd'hui à 18:29Actionnaires, pouvoirs publics et travailleurs de VW ont tous eu leur mot à dire sans dégager de stratégie réellement pertinente. Il est temps de changer l’équation. Une restructuration ne suffira pas.Volkswagen, plus grand constructeur automobile européen, veut fermer quatre usines en Allemagne et couper encore plus sévèrement dans ses effectifs. C’est un mal nécessaire selon le management de la compagnie qui craint de souffrir d’une inutilisation croissante de ses usines dans les années à venir. Ce que confirment une série de consultants et d’analystes du secteur.On peine néanmoins à voir quelle est la route future tracée par le géant allemand pour la prochaine décennie. En Allemagne, on parle déjà de donner les usines excédentaires à des constructeurs étrangers. Ce n’est pas une stratégie d’avenir crédible pour la filière automobile.Force est de constater que le passé récent du géant de Wolfsburg a été marqué par un manque de clairvoyance stratégique. Il s’est trop reposé sur les vaches à lait du groupe comme Audi ou Porsche, comme si leurs profits étaient éternels.VW a mal anticipé les changements venus de la Chine. On a accepté d’y produire en partenariat étroit avec des acteurs locaux sans vouloir voir que l'on créait de fait la concurrence de demain.Les constructeurs européens ont renforcé la connaissance chinoise sur la construction de véhicules, et les acteurs locaux ont pris de l’avance dans l’électrique, la vitesse de développement et la technologie.Dans le même temps, on a gagné beaucoup d’argent en Chine, de quoi abaisser le niveau de vigilance. Dans l’empire du Milieu, on aime planifier à plus long terme. Quoi qu'on en dise, on regarde davantage le prochain trimestre chez nous.On aurait pu croire que chez VW, où familles d’actionnaires, travailleurs et même pouvoirs publics ont tous leur mot à dire, cela aurait été différent.Les gains ou les primes à court terme ont fait oublier l’essentiel : la bataille est technologique et l’agilité doit être le maître mot. Tout va de plus en plus vite dans un secteur automobile européen secoué comme rarement par l'électrique et la cadence chinoise.Le management et les travailleurs du groupe doivent le comprendre. De l’autre côté du Rhin, un groupe comme Renault a corrigé le tir il y a plusieurs années déjà et se met aujourd'hui une forte pression pour rester à la pointe.Chez VW, il faut une stratégie pour réellement sortir de l’ornière, tant pour l'année prochaine que pour les dix ans à venir. Une "simple" restructuration, quelle que soit son ampleur, ne peut pas suffire sous peine d'en appeler rapidement une suivante. Il s'agit de revenir à l’essentiel: vendre ses voitures et ses services au plus grand nombre.VW doit parier sur ses forces, accroître son agilité, mettre son ego de côté et peut-être même plaider pour un certain protectionnisme européen.