Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Culture Culture Culture À voir ou à écouter ce soir À voir ou à écouter ce soir A l’occasion de la dernière restauration, en 2026, de la fresque du « Jugement dernier », achevée en 1541, Frédéric Biamonti dévoile les turpitudes qui menèrent l’Eglise catholique à censurer l’ultime chef-d’œuvre pictural du maître florentin. Article réservé aux abonnés ARTE – DIMANCHE 24 MAI À 17 H 45 – DOCUMENTAIRE Que faire de ces culs nus à n’en plus finir ? A la fin de l’année 1563, théologiens et évêques se sont écharpés pour savoir si, oui ou non, il fallait reculotter les personnages les plus « indécents » du Jugement dernier, de Michel-Ange (1475-1564). Pendant trois semaines, le très sévère concile de Trente (1545-1563) a consacré une session spéciale à la « dépravation » de l’ultime chef-d’œuvre pictural du génie de la Renaissance. Peinte derrière le maître-autel de la chapelle Sixtine, au Vatican, où rayonnaient déjà en voûte, depuis trente ans, allégories de La Création d’Adam (1508-1512), patriarches, saintes, philosophes et Pères de l’Eglise, la mise en scène de la fin des temps et de la résurrection des corps est le testament artistique du turbulent Michelangelo Buonarroti. A 66 ans, se croyant arrivé au terme de sa vie – alors qu’il vivra encore vingt-trois ans –, il peint un « tourbillon de vie » orchestré par la figure centrale du Christ, et sa terreur de la damnation. L’immense fresque de 180 mètres carrés aux 400 personnages avait pourtant été reçue en 1541 par le pape Paul III avec émerveillement et gratitude. Seul l’esprit chagrin du maître des cérémonies du Vatican, Biagio da Cesena (1463-1544), se récria qu’il « était extrêmement déshonnête d’avoir peint dans un lieu si honoré tant de nus montrant si indécemment leurs parties honteuses. Ce n’était pas une œuvre digne de la chapelle du pape mais de sudatoires et de tavernes ». Durant plus de vingt ans, le scandale grandit, les critiques se font de plus en plus virulentes, malgré le soutien inébranlable du pontife et de son successeur, Jules III. Il vous reste 59.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.