Les silos de l’ancienne usine Miteni, à Trissino, le 6 février 2025. MARCO BERTORELLO/AFP

Un tribunal italien a condamné, jeudi 26 juin, 11 cadres d’une usine de chimie pour avoir déversé des PFAS, des substances surnommées « polluants éternels », dans de l’eau utilisée par des centaines de milliers de personnes. Les peines les plus élevées, dix-sept ans de prison chacune, ont été prononcées contre deux cadres de l’entreprise Miteni, propriétaire de l’usine située dans la ville de Trissino, près de Vicence, dans le nord-est de l’Italie, qui produisait des PFAS depuis 1968.

Selon le parquet, l’usine déversait des eaux usées chargées de produits chimiques dans un ruisseau, polluant pendant plus de quarante ans l’un des plus grands bassins d’eau souterraine d’Europe, sur une vaste zone entre Vicence, Vérone et Padoue.

On recourt depuis la fin des années 1940 aux PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées) pour rendre antiadhésives et imperméables les surfaces de toutes sortes d’objets, des poêles aux parapluies en passant par les tapis et le fil dentaire. Plusieurs sociétés ont successivement exploité l’usine de Trissino, qui a fermé en 2018 après avoir fait faillite.

Au total, 15 cadres de Mitsubishi, International Chemical Investors (ICIG) et Miteni étaient poursuivis pour avoir contaminé près de 200 km² d’eau potable, ainsi que les sols environnants. Au cours du procès, ouvert en 2021, les procureurs avaient demandé des condamnations cumulant cent vingt et une années de prison, a expliqué jeudi à l’Agence France-Presse l’avocat Edoardo Bortolotto.