Un bénévole de l’association Générations futures prélève des échantillons d’eau sur les rejets de l’usine Solvay, qui fabrique des molécules PFAS pour l’industrie pharmaceutique et les pesticides, à Salindres (Gard), le 18 avril 2024. PASCAL GUYOT/AFP

Et si certains composés per- et polyfluoroalkylés, appelés PFAS, n’étaient finalement pas des PFAS ? Dans une lettre publiée le 10 juin dans Environmental Science and Technology, un groupe de 20 scientifiques compétents en matière de polluants éternels dénoncent des manœuvres visant à modifier la définition de cette famille de substances chimiques de synthèse, toxiques et persistantes établie par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

De ce portrait-robot chimique découlent la nature et donc la quantité de PFAS attrapés dans les filets des réglementations. L’opération en cours pourrait ainsi affaiblir la multitude d’initiatives qui ciblent désormais les PFAS à travers le monde. « Nous craignons que cet exercice ne repose sur des motivations politiques et/ou économiques plutôt que scientifiques », alertent les chercheurs.

Qu’est-ce qu’un PFAS ? Longtemps, la question n’a été simple pour personne, spécialistes y compris. Car la chimie des PFAS est d’une complexité vertigineuse, et le diable se cache dans l’infiniment petit des atomes.