Le réalisateur Jafer Panahi (au centre), à la première du film « Un simple accident », à Cannes, le 20 mai 2025. STEPHANE MAHE / REUTERS
L’émotion était grande, mardi 20 mai, entre la salle et le réalisateur, lors de la présentation officielle du nouveau film de Jafar Panahi, Un simple accident, à Cannes, après tant d’années de réclusion et de mortification dans son pays. La présence iranienne au Festival – depuis la mort, en 2016, de cet intouchable génie que fut Abbas Kiarostami – est devenue chose tangente, fragile, sujette à danger comme à caution. Le durcissement du régime a transformé la venue de ses héritiers – sévèrement surveillés, voire régulièrement engeôlés – en autant de coups de poker menteur.
L’existence-même des films – dans les conditions qui sont faites à leurs auteurs – relève en elle-même du miracle. On se souvient, l’an dernier, de la venue de Mohammad Rasoulof, qui – en même temps qu’il présentait le très beau La fleur du figuier sauvage – annonçait sa décision de demeurer en exil. C’est au tour, cette année, de ce très grand artiste qu’est Panahi, qu’on pensait à la vérité ne plus jamais revoir hors de ses frontières tant les foudres de l’oppression se sont abattues sur lui ces dernières années.













