Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement M le mag M le mag On ne l'avait pas vu venir On ne l'avait pas vu venir On ne l'avait pas vu venir Chronique Guillemette Faure Dans sa chronique, Guillemette Faure met en lumière les transformations invisibles de notre époque. Cette semaine, les réactions postées sur les réseaux sociaux par les lycéens quand ils découvrent leurs horaires de cours. Publié aujourd’hui à 10h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Les directeurs d’établissement scolaire le savent : l’emploi du temps est un sujet ultrasensible. Il peut alléger ou compliquer le quotidien des profs, provoquer des embouteillages à la cantine, transformer les cafés voisins en annexe du lycée, peser sur l’ambiance générale. Premier baromètre de la rentrée, enseignants (« J’espère que j’aurai mon lundi matin »), parents (« Bonne rentrée chez nous, Timothée n’a pas cours le samedi matin »), et élèves qui en ont développé une vraie science (« C’est le pire ») y chercheront des motifs de satisfaction ou de désespoir. On ne dit plus « Comment s’est passée ta rentrée ? » mais « Comment est ton emploi du temps ? » (EDT pour les profs). Mais si, autrefois, ces diagnostics circulaient entre la maison et l’établissement, depuis quelques années ils sont devenus publics. Dans les groupes WhatsApp, sur les réseaux sociaux, le partage des « pires emplois du temps » est devenu un sport de rentrée. C’est arrivé près de chez nous Des lycéens partagent sur X ou ailleurs des photos ou des captures d’écran de leurs emplois du temps aux noms d’enseignants caviardés et tirent de la rentrée des bilans sur les trois points essentiels (« Classe, ça va. Emploi du temps, moyen. Téléphone, autorisé au foyer »). Et, quand ils ne savent pas quoi en penser, demandent des expertises extérieures (« Votre avis sur mon emploi du temps, la team ? ») Une tendance TikTok consiste cette année à reprendre un extrait de la chanson I Have Forgiven Jesus de Morrissey (« Monday – humiliation/Tuesday – suffocation/Wednesday – condescension/Thursday – is pathetic… ») et d’afficher pour chaque jour l’amplitude de ses heures de cours en mimant une grimace plus ou moins catastrophée selon la qualité attendue de la journée. Sur la même plateforme, des élèves parisiens du lycée Carnot supplient les autres élèves de ne pas rejoindre leur établissement (« Venez pas à Carnot, on a cours six jours sur sept »). Il vous reste 59.65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.