Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement M le mag M le mag On ne l'avait pas vu venir On ne l'avait pas vu venir On ne l'avait pas vu venir Chronique Guillemette Faure Dans sa chronique, Guillemette Faure met en lumière les transformations invisibles de notre époque. Cette semaine, l’application qui transforme la pratique sportive des adolescents en compétition permanente. Publié aujourd’hui à 10h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Dans la bataille familiale pour décider quelles applications les ados ont le droit d’installer sur leur smartphone, certaines bénéficient d’une étrange indulgence parentale. Celles directement en lien avec la scolarité bien sûr, type Pronote, mais aussi souvent Strava, l’appli qui quantifie les efforts sportifs. Sur les forums de la plateforme Reddit, on trouve même des parents pour se demander quelles solutions permettraient à leur jeune athlète de 7 ou 9 ans d’utiliser Strava, parce que, « plus tard, il sera content de voir ses progrès » (il faut avoir 13 ans pour pouvoir ouvrir un compte). Et pourtant, après chaque « nouveau record personnel », certains parents hésitent entre le pouce levé et le rendez-vous chez le kiné. C’est arrivé près de chez nous En apparence, l’utilisation de Strava par des ados ressemble au vieux rêve parental : des jeunes dehors, qui courent, font du vélo et se couchent tôt avant une compétition. Il faut parfois un peu de temps aux parents pour comprendre que l’application fonctionne également comme un réseau social compétitif, où on partage ses statistiques, dénivelés et segments chronométrés. Avec ses likes rebaptisés « kudos », ses photos de soi et ses performances mises en scène (certains masquent les sorties jugées trop ordinaires), Strava, créée en 2009, a le même âge que ses utilisateurs adolescents. Et elle s’appuie sur les mêmes ressorts que les autres réseaux sociaux, ceux justement accusés d’abîmer les ados. Mais n’est-ce pas acceptable si ça les fait troquer le scroll contre le sprint ? Pas étonnant que l’appli communique sur l’idée que, « pour chaque 2 minutes passée sur l’application, l’abonné Strava passe 60 minutes à faire du sport ». Il vous reste 64.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.