Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Argent & Placements Argent & Placements Argent & Placements Entreprises Entreprises Entreprises La plateforme bordelaise s’est déclarée en cessation de paiements, fin juillet, et a été placée en redressement judiciaire, début août. Ses difficultés économiques ont été aggravées par un conflit entre ses deux dirigeants fondateurs, qui a pris en tenailles clients, actionnaires et salariés. Article réservé aux abonnés Tudigo avait toutes les cartes en main pour devenir le fleuron du financement participatif français. En moins de quinze ans, la plateforme bordelaise de crowdfunding a levé plus de 215 millions d’euros grâce à des collectes organisées auprès de particuliers et destinées à financer des entreprises. Plus de 26 000 investisseurs ont été séduits. Mais son aventure s’est brutalement arrêtée le 31 juillet lorsque son dirigeant, Stéphane Vromman, a déclaré la cessation de paiements et demandé, quelques jours plus tard, un placement en redressement judiciaire. L’épilogue de la « guerre des chefs », comme l’appellent plusieurs personnes interrogées par Le Monde, qui l’a opposé à son ancien associé, Alexandre Laing. La procédure n’affecte pas tous les épargnants de manière similaire, car tous n’ont pas investi de la même façon. Tudigo leur proposait de financer des entreprises soit en actions, soit en obligations. Dans un cas comme dans l’autre, les investissements continuent leur vie, indépendamment de l’avenir de la start-up. En revanche, la donne est différente pour les projets en contentieux judiciaire. Les entreprises qui se sont financées auprès de particuliers par l’intermédiaire de Tudigo doivent rembourser mensuellement leur emprunt, au risque d’être poursuivies par la plateforme. Cette dernière avançait les frais jusque-là, mais il revient désormais à l’administrateur judiciaire qui gère Tudigo depuis le début d’août, puis à un éventuel repreneur, de décider de la poursuite de ces procédures et d’en lancer de nouvelles. Le tribunal choisira, à la fin de septembre, un éventuel repreneur – les offres sont déposables jusqu’au 14 – ou prononcera la liquidation de la start-up. Dans ce dernier cas de figure, les investisseurs devront alors rémunérer eux-mêmes trois prestataires pour reprendre les différentes missions de Tudigo. Plusieurs personnes interrogées affirment, sous le couvert de l’anonymat, avoir reçu des « marques d’intérêt » de plateformes concurrentes et de sociétés de gestion de fonds d’investissement. Dans tous les cas, des victimes collatérales semblent inévitables : les 692 actionnaires particuliers de Tudigo, qui ont acquis 7 % de son capital en 2023, pour 3 millions d’euros, pourraient perdre leurs parts. Et ce, que la société soit rachetée ou qu’elle mette la clé sous la porte. Si certains plaident aujourd’hui pour une seconde chance, soulignant les atouts de l’entreprise, sa « marque forte » et sa « communauté de 26 000 investisseurs actifs », c’est qu’ils savent que la start-up aurait pu éviter le fossé sans le conflit qui a déchiré ses dirigeants. Il vous reste 68.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.