Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Climat Climat Climat Tribune François Lévêque Professeur d’économie Trop investir dans la protection des territoires menacés risque, à terme, de rendre économiquement et politiquement difficile le déplacement des populations lorsqu’il sera nécessaire, prévient, dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie François Lévêque. Publié le 02 septembre 2026 à 12h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés La France bénéficie d’une politique d’adaptation de crise efficace face aux événements extrêmes. En revanche, les politiques d’adaptation au long cours pour se préparer au climat futur sont beaucoup moins avancées. Il faudra de plus en plus choisir entre celle qui passe par une transformation des activités sur place et celle qui favorise le déplacement des hommes et des biens. Soit, selon le vocabulaire consacré, choisir entre une politique d’adaptation qui vise à réduire la vulnérabilité et une politique d’adaptation qui vise à réduire l’exposition. Autrement dit, face au changement climatique, faut-il aider les populations à rester ou à partir ? La première politique d’adaptation qui vient à l’esprit est celle qui protège les personnes et les infrastructures face aux événements extrêmes. Il faut se préparer à leur survenue et intervenir quand ils adviennent. Notre été a rendu cette adaptation de crise visible à l’œil nu : annonces des risques, pompiers sur le terrain, plan blanc des hôpitaux, etc. Contrairement à une idée reçue, cette politique est grandement efficace en France. On a pu ainsi constater cet été en Gironde la rapidité avec laquelle les pompiers ont évacué les habitants menacés par les feux. Une prouesse logistique d’autant plus remarquable qu’il fallait acheminer en sens contraire les soldats du feu et leur matériel vers les zones en proie aux flammes. Le retour d’expérience des incendies de 2022 dans le Sud-Ouest a permis d’être mieux préparé et d’être plus efficace pour limiter les dommages aux personnes et aux biens. C’est aussi le cas de l’adaptation aux canicules. Celle de 2003 a été à l’origine de toute une série de mesures publiques permettant de réduire la surmortalité liée aux vagues de chaleur. Des travaux économétriques l’ont montré, mais un simple rapprochement donne une idée du progrès : 15 000 morts en excès en 2003, moitié moins cet été, alors que les vagues de chaleur ont été plus nombreuses et plus fortes. Il vous reste 68.22% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Réduire la vulnérabilité ou l’exposition, telle est la question de l’adaptation au changement climatique »
TRIBUNE. Trop investir dans la protection des territoires menacés risque, à terme, de rendre économiquement et politiquement difficile le déplacement des populations lorsqu’il sera nécessaire, prévient, dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie François Lévêque.






