Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Tribune Christel Cournil Professeure de droit public Le changement climatique fragilisant les conditions d’exercice des droits humains que l’Etat est censé protéger, celui-ci est tenu d’identifier les risques et les personnes les plus exposées et de financer les transformations nécessaires, argumente, dans une tribune au « Monde », la professeure à Sciences Po Toulouse Publié aujourd’hui à 12h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Les effets du changement climatique portent atteinte aux droits fondamentaux : à la vie lors des vagues de chaleur, à la santé et au logement lorsque les habitations deviennent invivables, se fissurent ou sont menacées par les inondations, à l’eau dans les territoires confrontés à des ruptures d’approvisionnement, au respect de la dignité des personnes sans abri ou mal logées. De ce fait, l’adaptation ne peut plus être réduite à une politique technique, à quelques mesures sectorielles ou à une simple gestion des risques. Elle constitue désormais une obligation. Il nous faut adapter pour protéger, dès maintenant, les personnes, les milieux de vie et les services essentiels contre des atteintes déjà présentes et appelées à s’aggraver. Cette affirmation doit dorénavant structurer l’action publique. Parce que la crise climatique n’est pas qu’une crise environnementale, mais qu’elle fragilise les conditions même d’exercice des droits humains. Pendant longtemps, la lutte climatique n’a été pensée qu’à travers l’atténuation. Cette priorité demeure absolue : sans baisse rapide et massive des émissions de gaz à effet de serre, les besoins d’adaptation deviendront toujours plus coûteux, plus inégalitaires et parfois impossibles à satisfaire. Cependant, l’adaptation devient, elle aussi, centrale. Le contentieux engagé en 2025 par des « sinistrés climatiques » contre l’insuffisance du troisième plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc 3) marque un tournant : il demande à l’Etat de protéger les personnes déjà exposées et d’empêcher que les plus vulnérables paient le prix de l’inaction. Le droit international du climat consacre cette exigence. L’accord de Paris (2015) ne se limite pas à l’objectif de contenir l’élévation de la température mondiale. Il vise aussi à renforcer les capacités d’adaptation, à accroître la résilience et à réduire la vulnérabilité. Son article 7 précise que l’adaptation doit être participative, transparente, fondée sur les meilleures données scientifiques disponibles, et attentive aux groupes, communautés et écosystèmes vulnérables. Il vous reste 66.68% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Christel Cournil, professeur de droit :« L’Etat a une obligation de protection en matière d’adaptation climatique »
TRIBUNE. Le changement climatique fragilisant les conditions d’exercice des droits humains que l’Etat est censé protéger, celui-ci est tenu d’identifier les risques et les personnes les plus exposées et de financer les transformations nécessaires, argumente, dans une tribune au « Monde », la professeure à Sciences Po Toulouse






