Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Un mot dans l’air Un mot dans l’air Un mot dans l’air Au nom du respect des droits humains à la santé et à la vie, ONG et chercheurs réclament des politiques d’adaptation au réchauffement climatique qui priorisent les populations les plus vulnérables et les plus exposées. Article réservé aux abonnés Le mot dans l’air. Le bilan exact des canicules de ce début d’été reste à venir, mais les premières évaluations illustrent une double injustice : non seulement nous ne sommes pas égaux face aux vagues de chaleur, mais les populations qui sont les plus affectées sont aussi celles qui en sont les moins responsables. Plus on est pauvre, malade, âgé, handicapé, travailleur précaire, plus on est pris au piège de la montée des températures – sur les trottoirs brûlants des villes, sous la tôle incandescente des bidonvilles, dans les logements bouilloires ou sous des toits transformés en fournaises. « On traite trop souvent l’adaptation comme une politique publique environnementale, alors qu’il s’agit aussi d’une question de droits humains et d’un enjeu de justice sociale, constate Christel Cournil, professeure de droit et autrice de Pour une justice écologique en action (Mare & Martin, 230 pages, 28 euros). Le réchauffement climatique amplifie les inégalités et remet en cause l’exercice des droits fondamentaux à la vie, à la santé, au logement, à l’alimentation et à un environnement sain. » Depuis une quinzaine d’années, la notion de « justice climatique » s’est imposée dans les revendications de la société civile, à l’échelle internationale, lors des négociations entre Etats, mais aussi au sein des Etats, à l’échelle des territoires et des groupes de population. « En France, elle est la grande oubliée des politiques publiques, malgré de nombreux rapports et travaux de recherche », regrette la juriste Sabine Lavorel, coautrice de La Justice climatique (Editions Charles Léopold Mayer, 2023). L’expression apparaît dans les années 1990 au sein des milieux activistes, en marge des négociations internationales sur le climat. La revendication d’une justice climatique vise alors à protéger les pays les plus vulnérables, notamment les petits Etats insulaires menacés par la montée des océans. Elle s’inscrit dans la continuité des luttes pour la justice environnementale, lancées dix ans plus tôt, aux Etats-Unis, contre les discriminations face aux pollutions. Il vous reste 62.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
La « justice climatique », grande oubliée des politiques d’adaptation aux canicules
Au nom du respect des droits humains à la santé et à la vie, ONG et chercheurs réclament des politiques d’adaptation au réchauffement climatique qui priorisent les populations les plus vulnérables et les plus exposées.






