Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Tribune Clément Jeanneau analyste Antoine Poincaré analyste Confondre l’exposition géographique d’un territoire et sa vulnérabilité au changement climatique peut créer un faux sentiment de protection et accentuer l’impréparation des pouvoirs publics et des habitants, avertissent, dans une tribune au « Monde », les analystes Clément Jeanneau et Antoine Poincaré. Publié aujourd’hui à 16h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Il est une idée reçue, tenace, que les dernières semaines viennent sérieusement bousculer : la croyance en l’existence, en France, de territoires refuges vis-à-vis du réchauffement climatique. Pour citer l’exemple le plus emblématique : qui n’a pas déjà entendu, et pas seulement sur le ton de la plaisanterie, que la Bretagne ferait office de dernier bastion de fraîcheur à l’ère du réchauffement ? Les canicules qui se succèdent depuis le mois de mai démontrent qu’il n’en est rien : aucun territoire n’est à l’abri du changement climatique. La Bretagne ne sera pas un refuge climatique. Il ne s’agit pas de nier qu’il puisse y avoir des températures moins élevées, par endroits et pour certaines vagues de chaleur, et que cela soit parfois le cas en Normandie ou dans le Nord. Mais la Bretagne est elle aussi en « insécurité climatique », pour reprendre l’expression de l’ingénieur spécialisé Alexandre Florentin, de même que les autres régions précitées. Une étude menée par l’Observatoire de l’environnement en Bretagne montre ainsi que dans une France à + 4 °C, ce qui correspond à la trajectoire actuelle de réchauffement à l’horizon 2100, les records de température pourraient atteindre en Bretagne 50 °C par endroits ; que jusqu’à six vagues de chaleur pourraient survenir en une année ; que les conditions favorables aux feux de forêt augmenteraient de vingt-cinq jours par an ; que la sécheresse des sols serait plus longue d’au moins un mois et plus intense de 47 % ; qu’en été, les débits des cours d’eau chuteraient de 37 % par rapport à la période 1976-2005… Illusion de protection La liste serait longue. Présentée l’été dernier devant des élus bretons et leur administration, elle a fait l’effet d’un choc, comme le raconte le pilote de l’étude, Pierre d’Arrentières, interrogé dans le cadre de notre livre Gérer l’inévitable : repères face à la dérive climatique (Terre à terres, 2026). De nombreux acteurs locaux ont alors manifesté leur surprise, « comme si beaucoup découvraient le sujet », témoigne-t-il. Il vous reste 67.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Aucun territoire n’est à l’abri du changement climatique, la Bretagne ne sera pas un refuge »
TRIBUNE. Confondre l’exposition géographique d’un territoire et sa vulnérabilité au changement climatique peut créer un faux sentiment de protection et accentuer l’impréparation des pouvoirs publics et des habitants, avertissent, dans une tribune au « Monde », les analystes Clément Jeanneau et Antoine Poincaré.







