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ReportageLes récentes très fortes chaleurs révèlent l’impréparation de la région en matière de bâti, de modèle agro-industriel, de ressources en eau et en électricité… Région tempérée, la péninsule doit s’adapter urgemment.

Les rues de Rennes sont désertes ou presque, lundi 22 juin après-midi. Un sirocco brûle la capitale bretonne. La ville suffoque. A 17 heures, le record historique de chaleur tombe : 40,6 °C. Le lendemain, un pic à 41,5 °C est observé. Du jamais-vu. Dans les couloirs de l’hôtel de ville, Nathalie Appéré, maire (Parti socialiste, PS) et présidente de Rennes Métropole, enchaîne les réunions de crise. C’est déjà la deuxième fois de l’année que la ville est placée en alerte rouge à la canicule. L’élue ne le sait pas encore, mais un troisième épisode caniculaire va survenir en juillet. La chaleur provoque des dysfonctionnements en cascade, jusqu’à mettre à l’arrêt des pans entiers du territoire.

Dans cette région longtemps moquée pour son climat pluvieux, on apprend à gérer les coups de chaud. A Rennes, les décisions tombent. La braderie qui devait avoir lieu le 24 juin est repoussée. Créée à la suite des inondations de 2025, la réserve citoyenne est appelée. Plusieurs dizaines de volontaires sont mobilisés pour contacter les personnes vulnérables inscrites sur le registre communal. L’accueil des enfants dans les écoles et les crèches, devenues pour certaines irrespirables, inquiète. Et puis il y a l’hôpital. On rapporte déjà une hausse de 30 % de l’activité aux urgences. « La Bretagne n’est pas un eldorado climatique. Elle subit le train lancé à toute vitesse de la tropicalisation de notre climat », constate Nathalie Appéré. Depuis quelques années, l’édile défend le besoin d’adapter le territoire au dérèglement en cours.