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RécitDe la Bretagne aux Bouches-du-Rhône, de Paris à Périgueux, les Français ont découvert leurs vulnérabilités face aux températures extrêmes qui ont touché durablement le pays ces dernières semaines.

A la Maison du Bel-Age, dans le quartier Sainte-Anne, à Marseille (8e arrondissement), le thermostat de la climatisation est fixé à 23 °C. Soit onze de moins que la température extérieure en cet après-midi du jeudi 16 juillet. « On ne vient pas là que pour la clim mais aussi pour retrouver des gens sympathiques », glisse, large sourire, Josiane Perez, dite « Josie », 78 ans. Autour de la table de ce club d’activités destiné aux plus de 60 ans, l’ambiance est joyeuse. Sauf quand le sujet canicule déboule entre la colle et les bouts de papier colorés. « Quand on en parle entre nous, on se dit, l’année prochaine ça va être pire, comment on va faire ? », souffle Catherine Goualo, 64 ans. « J’ai cette angoisse de me projeter dans les prochains étés », concède aussi Josie.

De Brest à Nice, la France commence à peine à tourner la page de la troisième canicule mais elle semble toujours sidérée par ce qui vient de se passer. De ces semaines où il a fallu supporter des chaleurs extrêmes qui semblaient ne jamais finir, où il a fallu se débrouiller pour garder les enfants car les écoles ont fermé, travailler parfois dans des conditions difficiles voire dangereuses, passer ses examens scolaires dans des salles surchauffées, habiter dans des logements devenus, pour beaucoup, des bouilloires, tenir face à la fatigue qui éreinte les corps et les esprits. Et compter les morts, parmi lesquels de nombreuses personnes âgées isolées retrouvées chez elles. Fin juin, plus de 2 000 décès supplémentaires ont été enregistrés, selon l’agence Santé publique France. Le bilan n’est que provisoire.