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ReportageSurmortalité animale, dégâts dans les champs, pénurie d’eau… Avec des températures dépassant 40 °C, le secteur agricole et agroalimentaire breton a souffert, mettant en cause sa durabilité face au changement climatique.
La brise souffle enfin sur la ferme Coulombel, dans le bourg de Saint-Maden (Côtes-d’Armor). Son gérant, Sylvain Coulombel, peut souffler lui aussi : fini les 39 °C dans les poulaillers et les bêtes qui suffoquent – « de toute ma carrière, je n’avais connu ça qu’une seule fois, en 2003 ». Le producteur de volailles – poulets et dindes vendus en circuit court – a vu les animaux tomber les uns après les autres. Ainsi, 2 000, sur les 20 000 de son élevage, sont morts de chaud la semaine du 22 juin, pendant laquelle une canicule historique a touché la France et n’a pas épargné la Bretagne.
« A part ventiler et ouvrir les fenêtres pour aérer les bâtiments, on n’a pas pu faire grand-chose », indique le quinquagénaire, vêtu d’un tee-shirt Le Coq sportif – ça ne s’invente pas. Pis, l’éleveur a dû enfouir les milliers de cadavres sur sa ferme, opération exceptionnellement autorisée par la préfecture de Bretagne, car les services d’équarrissage étaient surmenés. Il tend son téléphone et montre le trou qu’il a creusé et fait valider par un hydrogéologue. « Ce n’est pas beau à voir… », prévient celui qui est également maire du village.










