Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Adaptation Adaptation Adaptation Tribune Romain Dostes Conseiller départemental (Les Ecologistes) Notre modèle de sécurité civile a été conçu pour des catastrophes moins massives, dans une société moins âgée. La leçon du mégafeu en Gironde, c’est qu’il faut refonder cette organisation et y intégrer la protection des personnes vulnérables, plaide Romain Dostes, conseiller départemental de la Gironde, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 18h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés En dix jours, les incendies qui ont ravagé près de 42 000 hectares en Gironde ont profondément changé notre regard sur le risque climatique. Quatre ans après les mégafeux de 2022, une évidence s’impose : ces catastrophes ne relèvent plus de l’exception. Elles annoncent le climat auquel notre pays devra désormais s’adapter. Mais ces incendies ont révélé bien davantage qu’une vulnérabilité de nos forêts. Les évacuations massives qui les ont accompagnés – les plus importantes organisées en France depuis la seconde guerre mondiale – ont mis à l’épreuve notre capacité à protéger les personnes les plus fragiles. En quelques jours, plus de 220 000 habitants ont dû quitter leur logement. Plus de 40 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et établissements médico-sociaux ont dû être déplacés, contre trois seulement en 2022. Faute de places disponibles, plusieurs centaines de résidents ont passé une nuit au parc des expositions de Bordeaux avant d’être progressivement accueillis dans des structures relais grâce à la mobilisation exemplaire des collectivités, des soignants, des services de l’Etat, des associations et des bénévoles. Il faut saluer cet engagement exceptionnel. Cette crise a aussi mis en lumière les limites de notre organisation. Identifier rapidement les personnes isolées, coordonner les communes, les départements, les agences régionales de santé et les établissements médico-sociaux, trouver des places adaptées ou organiser les transports médicalisés : autant de défis auxquels les élus ont été confrontés dans l’urgence. Ces difficultés ne traduisent pas un manque d’engagement. Elles révèlent surtout que notre modèle de sécurité civile a été conçu pour des catastrophes moins massives, dans une société moins âgée. Le changement climatique et le vieillissement de la population se rencontrent désormais. Les incendies, les canicules, les inondations ou les tempêtes seront plus fréquents ; dans le même temps, le nombre de personnes âgées ou dépendantes continuera d’augmenter. L’adaptation climatique ne peut donc plus être seulement environnementale : elle doit aussi devenir une politique de protection sociale. Il vous reste 51.41% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« L’adaptation climatique doit aussi devenir une politique de protection sociale »
TRIBUNE. Notre modèle de sécurité civile a été conçu pour des catastrophes moins massives, dans une société moins âgée. La leçon du mégafeu en Gironde, c’est qu’il faut refonder cette organisation et y intégrer la protection des personnes vulnérables, plaide Romain Dostes, conseiller départemental de la Gironde, dans une tribune au « Monde ».






