Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Incendies Incendies Incendies Tribune Cynthia Fleury philosophe Stéphane Delpeyrat-Vincent maire (PS) de Saint-Médard-en-Jalles La philosophe Cynthia Fleury et le maire de Saint-Médard-en-Jalles (Gironde), le socialiste Stéphane Delpeyrat-Vincent, estiment, dans une tribune au « Monde », que face aux feux hors norme qui s’abattent sur la France et à la crise climatique, la préparation pourrait devenir plus qu’une adaptation technique : un acte démocratique. Publié aujourd’hui à 14h00, modifié à 14h55 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés En 2003, lors de l’épisode caniculaire historique, nous avons découvert que l’on pouvait mourir de chaleur. Des milliers de personnes âgées, isolées, fragiles, succombaient dans l’indifférence générale. La canicule révélait alors les failles de notre système de soins et de notre organisation sociale. Nous avons appris, tant bien que mal, à mieux protéger les corps : plans d’alerte, veille sanitaire, prévention, adaptation des établissements de santé. Mais la canicule de 2026, c’est autre chose. Ce ne sont plus seulement les individus qui sont menacés, mais les territoires eux-mêmes : la chaleur extrême est désormais inséparable des mégafeux, de la destruction de paysages entiers, de l’effondrement des milieux, de l’évacuation de communes entières. La crise sanitaire s’est mue en une crise de l’habitabilité. Ce basculement oblige à revoir en profondeur notre rapport aux milieux que nous avons façonnés. Les incendies qui frappent aujourd’hui le massif des Landes de Gascogne ne sont pas seulement des accidents climatiques. Ils interrogent un modèle historique. Cette immense forêt, la plus vaste forêt plantée d’Europe, est une œuvre humaine autant qu’un paysage naturel. Elle est le produit d’une histoire économique, d’un choix d’aménagement, d’une manière de concevoir le territoire. Ce qui brûle aujourd’hui n’est donc pas seulement une forêt, mais une manière d’habiter le territoire qui n’est plus possible. Résilience des collectivités Parce qu’elle a été construite, cette forêt peut être repensée. Les mégafeux nous rappellent que la question n’est plus seulement celle de la reconstruction après l’incendie, mais celle de la refondation : quelles essences sont à privilégier pour résister au réchauffement climatique, quelles interfaces entre les espaces habités et les espaces forestiers faut-il préserver, quelles continuités écologiques renforcer ? C’est pourquoi ce qui se joue aujourd’hui à Saint-Médard-en-Jalles [Gironde] possède une valeur exemplaire. Cette ville-forêt, qui appelle depuis longtemps à penser autrement les relations entre développement urbain, forêt et préservation des milieux, se retrouve à son tour confrontée à l’épreuve de l’évacuation. Il vous reste 60.9% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Incendies en Gironde et dans les Landes : « Ce qui brûle aujourd’hui n’est pas seulement une forêt, mais une manière d’habiter le territoire qui n’est plus possible »
TRIBUNE. La philosophe Cynthia Fleury et le maire de Saint-Médard-en-Jalles (Gironde), le socialiste Stéphane Delpeyrat-Vincent, estiment, dans une tribune au « Monde », que face aux feux hors norme qui s’abattent sur la France et à la crise climatique, la préparation pourrait devenir plus qu’une adaptation technique : un acte démocratique.
















