Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Incendies Incendies Incendies Tribune Jean-Christophe Domec Ingénieur forestier Les incendies en Gironde et dans les Landes ravivent le débat sur la gestion des forêts. Dans une tribune au « Monde », l’ingénieur forestier Jean-Christophe Domec appelle à diversifier les essences d’arbres. Publié aujourd’hui à 18h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés L’odeur de fumée flotte de nouveau sur le Sud-Ouest. Comme en 2022, les mégafeux qui touchent la Gironde et les Landes ne sont plus des épisodes exceptionnels. Bien que leur bilan définitif reste à établir, ces incendies vont engloutir des dizaines de milliers d’hectares de forêt en 2026 et resteront un traumatisme. Pour beaucoup, le responsable de l’ampleur de ces feux (naturels ou non) est tout trouvé : des températures élevées et des sols anormalement secs. Le changement climatique joue évidemment un rôle majeur, mais il n’explique pas tout. En réalité, un autre problème se pose. Et si la manière dont la forêt landaise a été construite, puis gérée, contribuait, elle aussi, à transformer certains incendies en mégafeux ? Avant le XIXᵉ siècle, les Landes n’étaient pas cette immense mer de pins qui couvre près de 1 million d’hectares. Le territoire mêlait landes ouvertes, prairies humides, marais, et bosquets de feuillus. La loi de 1857, qui oblige les communes au boisement des landes communales, change profondément ce paysage. Le pin maritime devient le moteur d’un vaste projet d’aménagement destiné à assainir les sols et à créer une économie forestière. Ce pari transforme durablement la région et donne vie à l’un des plus grands massifs forestiers artificiels d’Europe occidentale. Si la filière bois qui en découle fait désormais vivre des milliers de familles et a façonné l’identité du territoire, ce succès économique porte en lui une fragilité. Car le modèle repose largement sur une essence : le pin maritime, particulièrement adapté aux sols sableux. Or, très riche en résine, cette espèce possède également des aiguilles fines qui sèchent rapidement et forment au sol une litière très inflammable. Ainsi, tragiquement, lorsque des centaines de milliers d’hectares sont couverts de pins du même âge ou presque, les flammes disposent d’un combustible quasi continu – un véritable toboggan pyrotechnique. A l’inverse, une forêt composée de plusieurs espèces ne réagirait pas de manière uniforme. Il vous reste 64.88% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Quand des centaines de milliers d’hectares sont couverts de pins, les flammes disposent d’un combustible quasi continu »
TRIBUNE. Les incendies en Gironde et dans les Landes ravivent le débat sur la gestion des forêts. Dans une tribune au « Monde », l’ingénieur forestier Jean-Christophe Domec appelle à diversifier les essences d’arbres.








