Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Incendies Incendies Incendies Tribune Joëlle Zask Philosophe Les incendies extrêmes sont un phénomène d’insécurité qui appelle à un nouveau pacte social, selon la professeure à l’université. Dans une tribune au « Monde », elle plaide pour une approche mêlant prévention, écologie et solidarité. Publié aujourd’hui à 05h00 Temps de Lecture 4 min. Read in English Article réservé aux abonnés Plus que jamais, la forêt brûle. Chaque année, le record du nombre d’hectares consumés par des feux inextinguibles est battu. Les personnes touchées – vacanciers, pompiers, éleveurs, habitants, agriculteurs, campeurs – sont durablement traumatisées par centaines de milliers. Le phénomène du feu s’amplifie et apparaît sous un visage relativement nouveau : celui du feu extrême, ou mégafeu. Tandis que les températures s’emballent, les espèces animales et végétales mutent ou disparaissent, et le paysage se dessèche. Les manières de réagir, elles, n’évoluent que peu. « Par le feu, tout change », écrivait le philosophe Gaston Bachelard en 1938. Ce qui a brûlé ne reviendra pas ; à l’échelle de notre vie, nos lieux familiers seront transformés à jamais. Et pourtant les réponses sont toujours les mêmes : il faudrait plus de Canadair, plus de répression contre les incendiaires, plus de moyens techniques et humains. En réalité, mentalement, rien ne change. Le feu est là ; il faudrait, dit-on, pouvoir le dompter. Le registre militaire continue d’être mobilisé : soldats du feu, attaques, repli tactique, lutte, etc. On applaudit à la transformation d’un avion militaire (l’Airbus A400M) en Canadair capable de larguer d’un coup 20 000 litres d’eau : on veut plus grand, plus fort, plus coûteux, pour assurer la victoire. En parallèle, on voudrait des dirigeants politiques réactifs, qui prennent les bonnes décisions. On les accuse de mollesse et d’impréparation. Tout cela est vrai : nous manquons de matériel et de volonté politique de la part de nos dirigeants. Mais, quand bien même matériel et dirigeants seraient au rendez-vous, ce ne serait pas suffisant. Ce dont nous manquons, c’est d’une conception fondamentalement plurielle (et non unilatérale) de la question des mégafeux et, aussi, d’une volonté générale de prévention. Il vous reste 71.01% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Joëlle Zask, philosophe : « Contre les mégafeux, la volonté politique au sommet dépend de celle de la majorité des citoyens »
TRIBUNE. Les incendies extrêmes sont un phénomène d’insécurité qui appelle à un nouveau pacte social, selon la professeure à l’université. Dans une tribune au « Monde », elle plaide pour une approche mêlant prévention, écologie et solidarité.








