Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Incendies Incendies Incendies Tribune Théodore Tallent Docteur en science politique et chercheur à Sciences Po Pourquoi les catastrophes, comme les inondations ou les incendies, ne déclenchent-elles pas de sursaut écologique ? L’oubli des causes climatiques et la récupération des colères par les forces populistes constituent un piège démocratique, souligne le politiste Théodore Tallent, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 06h30, modifié à 07h25 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Bordeaux menacée par les flammes. Le cap Ferret (Gironde) évacué par la route et par bateau. Plus de 200 000 personnes chassées de chez elles en Gironde et dans les Landes en quelques jours. A quelques centaines de kilomètres de là, Madrid suffoque sous le plus grand incendie de son histoire récente, et l’Espagne a dû décréter, pour la première fois, l’état d’urgence national face aux feux de forêt. Ces images, nous les revoyons chaque été, un peu plus grandes, un peu plus proches, un peu plus meurtrières – avant qu’elles ne s’effacent. Car qu’attend-on de ces images ? Qu’elles produisent, presque mécaniquement, le sursaut nécessaire face à l’urgence ? Que les citoyens se mobilisent en masse et votent pour des partis qui portent l’écologie ? Que les partis eux-mêmes, de droite comme de gauche, proposent enfin des programmes de rupture sur la question ? Bien souvent, rien de tout cela ne se produit. Du côté des citoyens, d’abord, la recherche en sciences sociales est éclairante sur les effets de ces catastrophes, qu’il s’agisse d’inondations dévastatrices ou d’incendies meurtriers. Ce qu’elle observe est rarement un sursaut, mais souvent son inverse. D’abord, comme après l’incendie qui a rasé la ville de Paradise, en Californie, en 2018, le choc initial se dissout vite dans des explications fragmentées (le vent, un retard des pompiers, un poteau électrique défaillant, etc.), et la mémoire de l’événement s’efface plus vite qu’on ne le croit. Ensuite, la colère cherche souvent un coupable immédiat : non les causes profondes de la catastrophe, mais le pouvoir en place, accusé d’avoir mal géré la crise. Nous l’avons observé après les inondations meurtrières de Valence (Espagne), en 2024, où l’indignation s’est concentrée sur la défaillance des alertes plutôt que sur le dérèglement climatique. Dans les deux cas, faute de réponse crédible, la colère se change en impuissance, puis en oubli : on se sent démuni, on détourne le regard. Il vous reste 69.23% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Mégafeux : « A moins d’un an de l’élection présidentielle, nous avons l’obligation de ne pas laisser la sidération l’emporter et d’apporter des réponses politiques »
TRIBUNE. Pourquoi les catastrophes, comme les inondations ou les incendies, ne déclenchent-elles pas de sursaut écologique ? L’oubli des causes climatiques et la récupération des colères par les forces populistes constituent un piège démocratique, souligne le politiste Théodore Tallent, dans une tribune au « Monde ».







