Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Tribune Collectif Dans une tribune au « Monde », un collectif de scientifiques, de chercheurs et de personnalités du monde associatif plaide pour que le rôle-clé de la forêt dans l’atténuation du changement climatique soit véritablement pris en considération et appelle à « une gouvernance forestière transparente ». Publié aujourd’hui à 12h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés La France étouffe. La canicule que nous traversons n’est pourtant qu’un avant-goût du dérèglement climatique qui s’intensifie. Alors que le débat fait rage autour des climatiseurs, la dégradation du plus puissant d’entre eux – la forêt – reste un angle mort du débat politique. Au moment où nous réfléchissons à nous adapter à un réchauffement qui pourrait atteindre 4 °C d’ici à la fin du siècle, nous avons sous la main une solution précieuse : la forêt. En pleine canicule, l’écart moyen des températures maximales entre un sous-bois et un milieu ouvert adjacent peut atteindre précisément ces 4 °C. Ce phénomène s’explique par l’ombrage de la canopée, mais également par la transpiration des arbres. Or, pour que cela fonctionne, il faut de l’eau – et c’est là que les choix de gestion forestière deviennent déterminants : des coupes trop importantes et des ouvertures de canopée trop rapides détruisent l’ambiance forestière et assèchent les sols. L’effet cumulatif des coupes rases à l’échelle d’un paysage peut aller jusqu’à perturber l’ensemble du cycle de l’eau. La question légitime est donc de savoir si ces connaissances scientifiques guident les choix politiques. La réponse est non. En réduisant sa politique forestière à un slogan de communication, le président Emmanuel Macron a fait le choix de la simplicité au détriment de la complexité : planter 1 milliard d’arbres d’ici à 2032. Or, la très grande majorité des plantations financées a été précédée d’une coupe rase – parfois inévitable lorsque la forêt est sinistrée, mais trop souvent justifiée parce que des forêts sont abusivement qualifiées d’« économiquement pauvres » ou de « vulnérables ». Ce qui se joue en réalité, c’est un lobbying acharné de la filière pour planter des résineux afin de répondre aux besoins de l’industrie, au risque de créer de graves maladaptations. Le sapin de Douglas, l’une des principales espèces plantées grâce à ces aides, n’est pas adapté à un climat qui se réchauffe en dessous de 500 mètres d’altitude. Tout cela est documenté, a fait l’objet de multiples réunions. Cela a-t-il fait bouger le gouvernement ? Non. Il y a quelques jours, le ministre délégué chargé de la transition écologique, Mathieu Lefèvre, a renvoyé aux calendes grecques – 2028 – la révision du cahier des charges de ce plan de plantation d’arbres, alors que sa ministre de tutelle, Monique Barbut, s’était engagée à le revoir avant juillet. Il vous reste 65.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.