Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Politique Politique Politique Chronique Françoise Fressoz éditorialiste au « Monde » Le jeu politicien qui s’est épanoui ces dernières années devient insupportable dès lors que des enjeux vitaux sont en cause. La polémique autour de la gestion de la canicule en est un exemple flagrant, relève Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique. Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 07h13 Temps de Lecture 5 min. Article réservé aux abonnés Il est plus que probable que les historiens qui se pencheront sur la période actuelle se montreront particulièrement sévères à propos du jeu politicien qui s’épanouit au moment où le pays est confronté à des enjeux aussi vitaux que la gestion de la canicule qui a frappé le pays entre le 17 et le 30 juin. Celle-ci a fait naître des polémiques aussi excessives que nuisibles au moment où la défense des vivants et le respect des morts appellent, au contraire, à l’esprit de responsabilité. Le fait que la députée (Les Ecologistes) de Paris Sandrine Rousseau – qui milite pour un rapprochement avec La France insoumise – s’autorise à lancer en pâture la possibilité d’un chiffre de 10 000 morts à propos des effets de la canicule est proprement irresponsable. Que, dans la foulée, son groupe dépose une motion de censure qui n’a aucune chance d’être votée au motif que le gouvernement « aurait aggravé les vulnérabilités du pays » – alors que les Verts semblent incapables de s’interroger sur les raisons pour lesquelles ils ne dominent pas la gauche dans une période aussi propice à leur cause – et que le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, choisisse d’associer son nom à cette motion de censure plutôt que de négocier des avancées avec le premier ministre, Sébastien Lecornu – comme il l’avait fait lors de la loi de finances pour 2026 ; tout cela serait risible si le sujet n’était pas aussi sérieux. Et que dire de l’attitude du Rassemblement national (RN) qui, après avoir fermement nié la réalité du réchauffement climatique, sort brusquement de son chapeau un « grand plan » de 40 milliards d’euros en faveur de la climatisation au financement plus qu’incertain. Le dérèglement ne touche pas seulement le climat, il affecte aussi les esprits les plus faibles et les plus opportunistes. Le premier bilan, encore provisoire, du coup de chaleur qui s’est abattu sur la France, s’établit à 2 025 morts supplémentaires enregistrées entre le 22 et le 28 juin, en hausse de 30 % par rapport à la semaine précédente. Incomplet, il n’en fournit pas moins de précieuses indications sur les publics les plus vulnérables. Si les personnes hospitalisées et celles hébergées en Ehpad ont pu être correctement prises en charge, celles qui étaient isolées à leur domicile ont été particulièrement affectées. Il vous reste 69.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.