Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Tribune Collectif Un collectif de sociologues et d’économistes met en avant, dans une tribune au « Monde », le poids des inégalités socio-économiques dans l’impact qu’ont les fortes chaleurs sur les familles, et estime que les mesures prises pour répondre à l’urgence sanitaire font figure de palliatifs. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés « En raison des fortes chaleurs annoncées, si vous le pouvez, il est recommandé de garder les enfants à la maison. » Telles sont les directives de l’éducation nationale, transmises aux parents d’élèves depuis la semaine du 15 juin. Garder son enfant chez soi, « si cela est possible ». Cette proposition à caractère individuel tranche avec l’enjeu éminemment collectif auquel elle est censée répondre. Elle occulte également le caractère très inégalitaire des capacités d’action des familles. Faut-il imaginer un congé payé spécial canicule pour les parents qui n’ont ni la possibilité d’être en télétravail ni celle d’avoir des relais familiaux (des grands-parents en bonne santé) ? Quelle solution existe-t-il pour les professionnels de la santé et du soin – déjà en première ligne lors de la crise due au Covid-19 – et pour les personnels de l’éducation, y compris les enseignants, qui sont ici spécifiquement concernés ? Une prime va-t-elle permettre aux familles modestes d’acheter des volets ou des ventilateurs afin d’éviter aux enfants de se retrouver dans des « logements bouilloires » ? Seules des recommandations d’urgence émergent et font figure de palliatifs plutôt que de réponses structurelles et durables – par exemple, l’indication des « refuges climatiques » présents sur les territoires et la possibilité de placer des couvertures sur les fenêtres des bâtis les moins bien isolés. Ces propositions, pour sensées qu’elles soient, ne sont pas à la hauteur des enjeux systémiques que soulève la crise climatique. Tous les enfants subissent ces vagues de chaleur et leurs conséquences. Cependant, certaines et certains sont plus touchés par la crise, car vivant dans des logements suroccupés et vétustes et n’ayant pas la possibilité de partir pendant l’été. A l’école, les enfants font l’apprentissage de l’écocitoyenneté et du tri des déchets. Ils sont invités à devenir les porte-parole d’injonctions culpabilisantes et individualistes auprès de leurs parents. Il vous reste 58.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.