Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Tribune Martin Hendel Chercheur en climatologie urbaine Vincent Viguié Economiste Les chercheurs Martin Hendel et Vincent Viguié affirment, dans une tribune au « Monde », que, si la climatisation d’urgence de certaines parties des établissements peut être envisagée à court terme, des rénovations structurelles s’imposent et nécessitent une transformation de l’ingénierie d’Etat pour soutenir les édiles. Publié aujourd’hui à 20h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le 26 mai 2026 restera comme la journée la plus chaude jamais enregistrée en France en mai. Un mois plus tard, alors que vient de se dérouler, dimanche 21 juin, la Fête de la musique, qui marque le début de l’été, une nouvelle vague de chaleur étouffe le pays. Des cours de récréation grillent déjà à Brest (Finistère), à Nantes ou en Ile-de-France, sous des températures caniculaires. Cette précocité prend de court l’institution scolaire. Les organismes des enfants sont mis à rude épreuve. Santé publique France l’établit sans ambiguïté, signalant une hausse des cas d’hyperthermie chez les moins de 15 ans dans leurs établissements. Ce risque sanitaire s’installe durablement. Il s’incarne dans un lieu concret : la salle de classe. Ecoles, collèges et lycées représentent près de la moitié du patrimoine bâti des collectivités, soit 140 millions de mètres carrés. Or, l’immense majorité de ce parc de 49 000 écoles publiques a été construite à une époque de stabilité climatique. On cherchait alors à capturer la lumière hivernale sans anticiper la surchauffe estivale. Toitures non isolées, vitrages sans protections solaires, cours bitumées : ces choix passés sont devenus des pièges thermiques à l’aune du changement climatique. Les relevés effectués dans les cours d’école parisiennes dans le cadre du projet européen Oasis [qui vise à les transformer en îlots de fraîcheur] montrent des écarts de température ressentie de l’ordre d’une dizaine de degrés entre le plein soleil et l’ombrage des arbres matures. Pour un enfant, cette différence est la frontière entre le jeu et le malaise. Son corps régule moins bien sa température, le rendant vulnérable à la déshydratation. Lorsque la classe se transforme en étuve, la santé des élèves et leurs capacités d’apprentissage s’effondrent. Solutions sobres Face à ce constat, les maires installés au printemps, après les élections municipales de mars, ont un rôle central, la gestion du premier degré relevant de leur compétence. Leurs mandats seront denses, entre finances locales sous tension et urgences multiples (logement, mobilités, sécurité). Pourtant, reporter la rénovation et l’adaptation des écoles équivaut à exposer la santé de nos enfants à un risque anticipé. Il vous reste 61.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.