Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Éducation Éducation Éducation Tribune Laurence De Cock Historienne Dans une tribune au « Monde », l’historienne Laurence De Cock dénonce l’inaction du gouvernement face à l’état des écoles, des collèges et des lycées, et appelle de ses vœux « une politique écologique digne de ce nom, qui témoignerait d’une considération réelle pour les enfants ». Publié aujourd’hui à 05h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le 7 février 1973, la France se réveille en état de choc. La veille dans la soirée, le collège Edouard-Pailleron, situé dans le 19e arrondissement de Paris, a brûlé et s’est effondré en moins de trente minutes comme un château de cartes. Il y a 20 morts, dont 16 enfants, tous là parce que le conservatoire y avait délocalisé ses cours de solfège. Cet établissement incarne une technique de construction modulaire reproduite à l’identique sur l’ensemble du territoire. On parlera des « collèges Pailleron ». Un enfant de 14 ans avoue rapidement avoir mis le feu à une poubelle sans savoir que le collège était encore occupé. Mais les parents de victimes, constitués en association, réclament que les vrais responsables et coupables soient condamnés : l’administration de l’éducation nationale restée sourde à toutes les alertes depuis plusieurs années : cloisons trop fines, fils électriques apparents, sol qui s’effondre, fuites de gaz, chauffage défaillant et, surtout, risque d’incendie. L’affaire déchaîne les médias jusqu’au procès, qui n’a lieu qu’en 1977. Huit personnes sont inculpées, et quatre condamnées à de la prison avec sursis, une chaîne de responsabilités allant de l’architecte à différents responsables administratifs. Une chaîne difficile et longue à identifier dans le contexte de millefeuille administratif et de déconcentration balbutiante où tout le monde se renvoie la balle. Mais le procès est implacable : pour des raisons d’économies budgétaires, et parce qu’il fallait construire « un CES par jour », selon les mots du ministre de l’éducation Christian Fouchet (1962-1967), la sécurité des enfants a été négligée. Froid l’hiver, chaud l’été Un demi-siècle plus tard, les contingences budgétaires sont encore à l’origine des images devenues banales de plafonds qui s’effondrent, de cours dispensés dans des préfabriqués, de souris qui s’invitent dans les classes et, surtout, des cas recensés chaque année de grand froid dans les classes en plein hiver et de chaleur insupportable en situation de canicule. Il vous reste 58.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Canicule : « La rénovation thermique de l’ensemble du bâti scolaire est une urgence absolue »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », l’historienne Laurence De Cock dénonce l’inaction du gouvernement face à l’état des écoles, des collèges et des lycées, et appelle de ses vœux « une politique écologique digne de ce nom, qui témoignerait d’une considération réelle pour les enfants ».











