Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Réchauffement climatique Réchauffement climatique Réchauffement climatique Tribune Guillaume Sainteny membre de l’Académie d’agriculture de France Les politiques d’adaptation au changement climatique ont l’avantage de susciter un plus large consensus que les politiques d’atténuation et de bénéficier directement aux Etats qui les mettent en œuvre, relève Guillaume Sainteny, expert en développement durable, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 12h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le débat engendré par la canicule que nous venons de vivre mérite d’être replacé dans un contexte plus large. Les politiques climatiques se divisent traditionnellement en deux grands versants : les politiques d’atténuation du changement climatique et les politiques d’adaptation au changement climatique. Les dispositions destinées à aider à mieux supporter les épisodes de chaleur (protéger les logements contre la canicule, modifier les horaires de travail, voire les périodes d’examens et/ou des vacances scolaires, etc.) font partie du volet adaptation : elles visent à mieux prévenir les effets du changement climatique et non à agir sur ses causes. Nous sommes un certain nombre à avoir depuis longtemps appelé l’attention sur l’importance de ce volet. Pourtant, et alors que la nécessité de mesures d’adaptation est bien mentionnée dans la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques dès 1992, la France et l’Union européenne n’ont publié leur première stratégie en la matière que, respectivement, en 2006 et 2013. Et ce alors qu’elles avaient adopté leur première stratégie d’atténuation, respectivement, en 1995 et 1991. Les politiques d’adaptation ont donc été entreprises avec retard. Concentration des efforts sur l’atténuation Plusieurs facteurs peuvent contribuer à expliquer ce décalage entre ces deux versants des politiques climatiques. D’abord, les politiques d’atténuation sont plus faciles à évaluer et à piloter par des indicateurs et objectifs quantitatifs (tonnes équivalent CO2 évitées) ou monétaires (coût à la tonne équivalent CO2 évitée) que les politiques d’adaptation, plus différenciées. La mise en place de politiques d’adaptation a aussi été retardée par l’idée qu’un accord mondial de réduction rapide et ambitieuse des émissions de gaz à effet de serre (GES) permettrait d’infléchir rapidement ces émissions. De même, la conviction que le problème du changement climatique pourrait être résolu par des solutions techniques (développement des énergies renouvelables, « charbon propre », normes d’émissions, stockage souterrain ou sous-marin du CO2, autres techniques de géo-ingénierie) a contribué à reléguer à l’arrière-plan les politiques d’adaptation. Tout comme la focalisation sur le seul rôle des énergies fossiles : si celles-ci sont à l’origine du problème, arguait-on, il suffisait donc de développer les énergies non fossiles, tout en économisant et en décarbonant les fossiles. Il vous reste 60.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.