Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Réchauffement climatique Réchauffement climatique Réchauffement climatique Tribune Christian de Perthuis professeur à l’université Paris-Dauphine, chaire Economie du climat Promulguée en catimini, la feuille de route climatique du pays laisse dans le flou les leviers à actionner pour accélérer la sortie de l’économie des fossiles et investir dans la protection des sols vivants et des forêts, déplore, dans une tribune au « Monde », l’économiste Christian de Perthuis. Publié aujourd’hui à 13h10 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le 14 juillet au soir, en plein épisode caniculaire, le préfet de la Seine-et-Marne annonce la fixation de l’incendie ravageant la forêt de Fontainebleau. D’immenses dégâts pour la biodiversité, et quelque 200 000 tonnes de dioxyde de carbone (CO2) parties en fumée. Rarement les Français se sont sentis aussi concernés par le réchauffement du climat qui perturbe désormais leur quotidien. Les dégâts croissants de ce réchauffement climatique ne semblent cependant pas immuniser contre les vents du backlash [« contrecoup »] écologique qui soufflent sur une partie de la société. En témoigne, de façon quasi simultanée, l’adoption d’une loi agricole contre l’avis de la ministre de l’écologie et le faible écho de la publication de la feuille de route climatique du pays : la stratégie nationale bas carbone (SNBC). Introduites par la loi de 2015 sur la transition énergétique, les SNBC formalisent les objectifs d’atténuation du changement climatique de la France. Mises à jour tous les cinq ans, elles sont composées d’une trajectoire de long terme visant le « zéro émission nette » en 2050 et de budgets fixant des plafonds d’émission à ne pas dépasser à moyen terme. Si les cibles sectorielles sont indicatives, le plafond national est contraignant, car il correspond aux engagements internationaux de la France. La première SNBC [2015-2018] avait fixé des objectifs assez ambitieux. Le plafond d’émission ayant été dépassé, l’Etat a été condamné, en octobre 2021, par le tribunal administratif de Paris, lors d’un procès connu sous le nom de l’« affaire du siècle ». Ce jugement a conduit le gouvernement de l’époque à fixer des plafonds nettement plus faciles à atteindre pour la SNBC2 [2019-2023]. A court terme, cette prudence tactique a permis de solder devant les tribunaux cette affaire du siècle en gommant le retard d’émission de la première période. Or, la France est tenue par ses engagements internationaux, notamment la réduction de 55 % des émissions de l’Union européenne entre 1990 et 2030 au titre de l’accord de Paris. Concrètement, cela implique de ramener les émissions brutes à 274 millions de tonnes (Mt) équivalent CO2 en 2030 et d’atteindre une capacité d’absorption du CO2 atmosphérique par les forêts et l’utilisation des sols de plus de 40 Mt. Comment y parvenir ? C’est le casse-tête auquel tente de répondre la SNBC3 que le gouvernement vient de promulguer avec deux ans de retard sur le calendrier initial [2024-2028]. Il vous reste 59.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La stratégie nationale bas carbone n’atteindra probablement pas les réductions d’émissions attendues »
TRIBUNE. Promulguée en catimini, la feuille de route climatique du pays laisse dans le flou les leviers à actionner pour accélérer la sortie de l’économie des fossiles et investir dans la protection des sols vivants et des forêts, déplore, dans une tribune au « Monde », l’économiste Christian de Perthuis.








