Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Réchauffement climatique Réchauffement climatique Réchauffement climatique Tribune Mathilde Durie Présidente du Centre des jeunes dirigeants Face aux feux de forêt, indemniser et reconstruire ne suffit plus, car le réchauffement climatique atteint notre capacité à nous nourrir, à nous loger et à nous déplacer. Pour remédier à cette situation, les politiques publiques doivent être repensées, soutient Mathilde Durie, présidente du Centre des jeunes dirigeants, dans une tribune au « Monde ». Publié le 02 septembre 2026 à 09h00, modifié le 02 septembre 2026 à 12h31 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Canicules, incendies, sécheresse : l’été 2026 nous rappelle que le dérèglement climatique n’est plus une hypothèse, mais un bouleversement profond, qui produit des effets dévastateurs sur le vivant et, partant, sur notre appareil de production. Les canicules survenues depuis la fin du mois de mai pourraient coûter entre 10 milliards et 15 milliards d’euros à la France, selon le ministère de la transition écologique. Au total, les flammes ont ravagé 119 000 hectares depuis le début de l’année, d’après le ministère de l’intérieur. En Gironde et dans les Landes, les incendies ont entraîné plusieurs dizaines de millions d’euros de pertes pour le tourisme, sans compter les entreprises qui ont brûlé. Dans certaines zones du Sud-Bassin [la partie sud du bassin d’Arcachon], les annulations ont atteint 70 % au plus fort des incendies. Ce ne sont là que les conséquences visibles directes, sidérantes, traumatisantes de la catastrophe en cours. Les autres, nous continuons à les découvrir en cascade : carence en fourrages, explosion des coûts agricoles, baisse de la production de denrées alimentaires, mise à l’arrêt du trafic fluvial, infrastructures qui fondent… On ne parle pas uniquement de forêts en flammes. Il s’agit de savoir comment nous allons manger, boire et nous déplacer au cours des années à venir. On a coutume de dire que gouverner, c’est prévoir. Or, nos responsables politiques continuent à traiter le dérèglement climatique comme une succession de crises. Nous indemnisons, nous reconstruisons, nous soutenons les entreprises touchées. C’est indispensable. Puis, une fois l’urgence passée, nous reprenons les mêmes modes de production et de consommation, et les mêmes stratégies politiques. Le retour au business as usual. Jusqu’à quand ? Car, faut-il le rappeler, nos modèles économiques dominants, linéaires et extractivistes sont l’une des causes du dérèglement climatique. Ils doivent donc faire partie de la réponse. Les très petites entreprises et les petites et moyennes entreprises ne sont pas à l’origine de ces modèles, mais elles en dépendent. Pourtant, nombre d’entrepreneurs de terrain changent leurs procédés de production, réduisent leur consommation de matières premières et d’énergie, arrêtent la production de neuf, diversifient leur activité. L’optimisation et la performance ne sont plus leur unique boussole. Il vous reste 56.07% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.