Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Climat Climat Climat Tribune Philippe Hirou Ingénieur paysagiste Jacques Tassin Ecologue Pour aider à réduire les feux de forêt estivaux comme les inondations hivernales, les ingénieurs Philippe Hirou et Jacques Tassin appellent, dans une tribune au « Monde », à réinventer en profondeur le modèle agricole dominant. Publié aujourd’hui à 14h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Face au chaos climatique actuel, l’agriculture est potentiellement bien davantage une solution qu’un problème. En acceptant de se transformer, elle disposerait des capacités de réduire aussi bien les inondations hivernales que les feux forestiers estivaux. Encore cette agriculture, fierté de notre pays, doit-elle se souvenir que sa mission la plus noble n’est pas seulement de nourrir l’humanité. Elle est aussi de maintenir les 54 % de l’Hexagone dont elle a la charge sous une forme habitable et désirable. Lutter contre les effets territoriaux du chaos climatique fait désormais partie de son devoir. Or notre agriculture reste dominée par un modèle qui, né au lendemain de la seconde guerre mondiale, n’a su que s’intensifier sous l’essor du gigantisme du machinisme agricole, en arrachant plus de 1 million de kilomètres de haies et en délaissant les espaces inaccessibles à ce dernier, dès lors concédés aux friches agricoles au rythme de 20 000 hectares par an – autant d’espaces livrés aux feux d’aujourd’hui et de demain. D’une part, un vaste plan de préservation et d’implantation de haies favoriserait les infiltrations d’eau de pluie plutôt que les ruissellements dont résultent les inondations observées loin en aval. L’infiltration des eaux de ruissellement à l’aplomb d’une haie atteint 200 millimètres par heure, au lieu de 10 millimètres sur le reste de la parcelle. D’autre part, le soutien de systèmes agricoles non conventionnels permettrait de regagner des terres abandonnées par l’agriculture, conquises par une biomasse ligneuse devenue d’autant plus inflammable qu’elle n’est plus entretenue. L’arbre, meilleur allié de l’agriculteur Toutefois, la course à la productivité du modèle agricole dominant conduit à l’agrandissement des surfaces des exploitations de 25 % tous les dix ans et, par conséquent, à la réduction drastique du nombre des agriculteurs. Ceux-ci n’ont plus le temps d’entretenir les haies préservées sur leur parcelle et préfèrent souvent s’en débarrasser. En outre, la moitié des agriculteurs partiront à la retraite d’ici une dizaine d’années, ce qui laisse présager l’augmentation du nombre de terres agricoles abandonnées – autant d’espaces parcourables par les feux. Il vous reste 63.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.