Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Réchauffement climatique Réchauffement climatique Réchauffement climatique Tribune Judith Rainhorn Historienne Judith Rainhorn, spécialiste de l’histoire environnementale, déplore, dans une tribune au « Monde », l’incapacité des responsables politiques à faire face à l’urgence climatique et appelle à « politiser les désastres ». Publié aujourd’hui à 09h16, modifié à 09h48 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Depuis une décennie, la litanie des espaces ruraux et des quartiers urbains qui font l’actualité en raison des pollutions anciennes et actuelles qui y sont mises au jour semble interminable. On peut citer notamment Oullins-Pierre-Bénite (Métropole de Lyon) et les rejets d’Arkema, Bourg-Fidèle (Ardennes) et les effluents de son usine de batteries, Evin-Malmaison (Pas-de-Calais) et les fumées de Metaleurop, ou encore la vallée de l’Orbiel (Aude) et ses collines de résidus miniers toxiques. A ces exemples s’en ajoutent d’autres : les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique, imprégnées du pesticide chlordécone, Vittel et Contrexéville (Vosges) et leurs montagnes enfouies de déchets plastiques, les écoles sous les pulvérisateurs des vignes du Blayais (Gironde), le quartier de Lille-Sud et les poussières de plomb d’Exide, et, désormais, la cité de la Coudre, à Tonnay-Charente (Charente-Maritime), polluée par l’usine d’engrais voisine. Chaque année apporte son lot de scandales sanitaires liés à ces pollutions. Les rivières charrient des poissons morts ; des bêtes meurent les naseaux brûlés quand elles se nourrissent à proximité des sites industriels ; des enfants, dont il faut nettoyer les jouets au savon après qu’ils ont joué dehors, sont intoxiqués par le plomb, le cadmium et l’arsenic. On se résout à regarder pousser les framboises du jardin sans les manger. On vit dans la crainte de l’expropriation, avec l’angoisse de voir apparaître les premiers signes de cancer chez soi et chez ses proches. On se méfie de tout : de l’air que l’on respire, de l’eau que l’on boit, des fruits que l’on mange, de la terre que l’on a sous les chaussures, de la poussière qui recouvre la voiture le matin. Saisons destructrices Comment tolérer ce désastre environnemental et humain, chaque année plus évident, chaque année plus médiatisé ? L’ignorance n’est plus un argument, tant l’espace public est saturé de nouvelles qui attestent l’urgence de la situation. Pourtant, la prise de conscience est encore faible et l’impréparation totale, au terme d’un été marqué par une sécheresse accrue, des canicules répétées et des incendies ravageurs parvenus jusqu’en Ile-de-France et dans le Pas-de-Calais, à des latitudes historiquement préservées de ces dégâts estivaux. Il vous reste 54.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Au terme d’un été marqué par les canicules répétées et les incendies ravageurs, la prise de conscience est encore faible et l’impréparation totale »
TRIBUNE. Judith Rainhorn, spécialiste de l’histoire environnementale, déplore, dans une tribune au « Monde », l’incapacité des responsables politiques à faire face à l’urgence climatique et appelle à « politiser les désastres ».






