Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Climat Climat Climat Tribune Agathe Euzen Anthropologue Sébastien Velut Géographe Face à la sécheresse, l’anthropologue Agathe Euzen et le géographe Sébastien Velut s’interrogent, dans une tribune au « Monde », sur les modes de gouvernance et les usages de l’eau, qui conditionnent le fonctionnement de plusieurs secteurs d’activité. Publié aujourd’hui à 18h30, modifié à 19h11 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés La sécheresse de l’été 2026 a été vécue comme une crise révélatrice de nos vulnérabilités face au manque d’eau. Répondre à long terme à cette urgence impose de prendre du recul pour mobiliser les savoirs et les outils disponibles au bénéfice de la société et de l’environnement. Cette sécheresse estivale n’est malheureusement pas une surprise. D’après les données du service européen Copernicus sur le changement climatique, elle résulte d’une réduction des précipitations et d’un accroissement des températures qui touchent pratiquement toute l’Europe, et fait de cet été l’un des deux plus chauds jamais enregistrés. Elle n’est plus, comme en 1976, un épisode exceptionnel, mais une situation récurrente à laquelle il faut s’adapter. Elle est accentuée par des prélèvements d’eau qui sont supérieurs à la capacité des milieux à se recharger. En outre, elle affecte la qualité des eaux de surface et souterraines, les sols, la végétation et les êtres vivants en général, ainsi que les activités humaines. Tout le grand cycle de l’eau est modifié par l’augmentation des températures estivales. Une évaporation accrue des océans en surchauffe provoque des pluies abondantes, parfois dans des régions et à des périodes inattendues, ce qui induit des problèmes d’excès d’eau. La sécheresse n’est donc pas l’aridité, qui correspond à un déficit hydrique permanent, mais la conséquence de la modification du cycle de l’eau. Fragilités Dans le cadre du troisième plan national d’adaptation au changement climatique, la modélisation de ces phénomènes envisage de plus forts contrastes dans les précipitations entre été et hiver, mais aussi entre régions. Ces résultats ne tiennent pas compte de la diversité des besoins en eau dans les territoires, qui sont précisément ce que le vécu de la sécheresse met en évidence. Les restrictions d’usages, la livraison d’eau potable par camions-citernes, les pertes de rendement agricole et de cheptel et les incendies nous frappent. Les grands cours d’eau asséchés limitent le transport fluvial et imposent la mise à l’arrêt de centrales électriques. L’eau n’est pas un secteur parmi d’autres en ce qu’elle conditionne le fonctionnement de l’agriculture, de l’énergie, de l’industrie, des villes et des écosystèmes. Son absence révèle nos fragilités. Il vous reste 69.08% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Changement climatique : « Nous sommes entrés dans un monde fini et incertain, dans lequel les données du passé ne suffisent plus à penser le futur »
TRIBUNE. Face à la sécheresse, l’anthropologue Agathe Euzen et le géographe Sébastien Velut s’interrogent, dans une tribune au « Monde », sur les modes de gouvernance et les usages de l’eau, qui conditionnent le fonctionnement de plusieurs secteurs d’activité.






