Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Réchauffement climatique Réchauffement climatique Réchauffement climatique Tribune Philippe Rahm Architecte Le réchauffement climatique mine la capacité des arbres à assurer leur fonction rafraîchissante. Le spécialiste suisse invite, dans une tribune au « Monde », à repenser la végétation urbaine sur le principe inverse des « villes éponges ». Publié aujourd’hui à 20h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés La ville des climats tempérés n’a pas été conçue pour notre nouveau régime climatique. En hiver, les pluies tropicales et les inondations ont remplacé les petites averses et le flot tranquille de l’eau dans les caniveaux. En été, les canicules et les sécheresses ont remplacé la douce chaleur estivale dans les rues et les jardins luxuriants. La ville des climats tempérés, démunie face aux inondations, n’a pas non plus été conçue pour recevoir tant d’eau de pluie en si peu de temps. Imperméables, les surfaces minérales des sols urbains concentrent l’énorme quantité d’eau jusqu’à saturer les égouts et déborder. Cette situation, que connaissaient déjà certaines régions tropicales de Chine, avait poussé le paysagiste Kongjian Yu à développer le concept de « ville éponge ». De l’anglais sponge city, ce concept architectural consiste à débitumer la ville, à désimperméabiliser les sols, à offrir partout des surfaces de pleine terre pour que la pluie puisse localement s’y infiltrer et ainsi étaler, temporiser, freiner les grosses quantités d’eau de pluie et réduire les risques d’inondation. Aujourd’hui, la « ville éponge » nous est familière puisque la Mairie de Paris s’en inspire depuis plusieurs années, en déminéralisant les cours d’école, en créant des forêts sur les places de ville et des microjardins dans les rues. Autant de surfaces de pleine terre, laquelle, comme une éponge, absorbe localement la pluie et évite les inondations. Plantes succulentes Mais la ville des anciens climats tempérés n’est pas non plus adaptée aux nouvelles sécheresses. Avec la chaleur, les sols n’ont plus d’eau, les rivières se tarissent, l’herbe et les feuilles jaunissent puis tombent. Il faut bien se rendre compte que – comme les humains – toute la végétation de la ville stresse au-delà de 35 °C et souffre des canicules. Les arbres arrêtent d’évaporer pour préserver, dans leur tronc et dans leurs racines, le peu d’eau qu’il leur reste, ferment les stomates et perdent leurs feuilles. Il vous reste 61.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.