Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Climat Climat Climat Tribune Jacques Ferrier Architecte Si l’on veut lutter contre le réchauffement climatique, il faut renoncer aux bâtiments standardisés de l’architecture de l’après-guerre, affirme l’architecte, dans une tribune au « Monde ». La ville durable doit être fondée sur des solutions éprouvées : l’ombre, la ventilation naturelle, la présence de l’eau et du végétal. Publié aujourd’hui à 06h01 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Une nouvelle canicule nous met, une fois encore, face à nos contradictions. A chaque pic de chaleur, l’urgence de climatiser s’impose comme la réponse au stress créé par l’élévation des températures. Dans le même temps, nous ne pouvons plus ignorer que la généralisation de l’air conditionné est une des causes majeures du réchauffement climatique. Le débat public se mobilise donc en mode alternatif : d’une part, les écoles, les résidences de personnes âgées, les logements doivent sans attendre s’équiper de l’air conditionné ; et d’autre part, nous devons agir d’urgence pour l’environnement alors que la perspective d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris (2015) s’éloigne irrémédiablement. La prise de conscience des conséquences du dérèglement climatique se conjugue avec une accoutumance croissante à la maîtrise technique de notre environnement, au point qu’elle apparaît désormais comme une évidence. Il faut arrêter cette fuite en avant où davantage de technique est mobilisée pour résoudre les problèmes créés par la technique elle-même. L’enjeu est, à l’inverse, de s’interroger sur les raisons ayant conduit l’architecture à devenir addict à la climatisation et de bâtir un projet de ville moins techno-dépendant. Nous avons à y gagner bien plus que l’amélioration de notre bilan énergétique. L’histoire de cette dépendance est récente. En 1902, aux Etats-Unis, Willis Carrier met au point le premier système moderne d’air conditionné capable de contrôler simultanément la ventilation, la température et l’humidité. D’abord réservée aux usages industriels, cette technologie peine à trouver son marché. Ce n’est qu’à partir des années 1950 que le goût pour les ambiances artificielles est imposé par l’American way of life dont il devient un symbole. Les températures doivent être fraîches en été, élevées en hiver. Vivre à contre-saison devient un signe de confort, de modernité et de réussite sociale. Les conséquences sont loin d’être anodines. L’ouverture des fenêtres est progressivement considérée comme une anomalie et les bâtiments se ferment à leur milieu extérieur. Les architectures se coupent du climat et deviennent dépendantes des équipements mécaniques pour recréer artificiellement les conditions de confort qu’elles ont elles-mêmes supprimées. Il vous reste 65.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Jacques Ferrier, architecte : « La ville de demain ne peut pas être une succession de refuges climatisés reliés par des espaces extérieurs devenus hostiles »
TRIBUNE. Si l’on veut lutter contre le réchauffement climatique, il faut renoncer aux bâtiments standardisés de l’architecture de l’après-guerre, affirme l’architecte, dans une tribune au « Monde ». La ville durable doit être fondée sur des solutions éprouvées : l’ombre, la ventilation naturelle, la présence de l’eau et du végétal.







