Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Tribune Arthur de Lassus Ingénieur Dans une tribune au « Monde », l’ingénieur Arthur de Lassus plaide pour un droit à la fraîcheur, estimant que « la climatisation n’est pas l’ennemie du climat ». Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Chaque été, le même rituel s’installe. Les canicules frappent, les hôpitaux et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) suffoquent, les écoles sont des fournaises et l’on nous explique, d’un ton docte et navré, que la climatisation serait de la « maladaptation », un confort de riches à n’utiliser qu’en « dernier recours ». Remettons l’église au milieu du village et posons une exigence simple, un progrès social : il nous faut un droit à la fraîcheur. Personne ne conteste qu’il existe un droit au chauffage : il est vital. Or contre la chaleur extrême, il n’existe pas d’équivalent au pull en laine. Au-delà de 24 °C, notre corps souffre, nos facultés cognitives sont altérées. Et le chaud ne se combat vraiment, en intérieur, que d’une seule manière : en produisant du froid sur place, c’est-à-dire avec une forme de climatisation. On nous dit : « Isolons, végétalisons. » Une étude rigoureuse menée par l’économiste Vincent Viguié en 2020 sur Paris a tranché : même en cumulant les mesures les plus ambitieuses – végétaliser 10 % de la ville, rénover à fond tout le bâti, irriguer les parcs –, le stress thermique en intérieur, c’est-à-dire 24-25 °C minimum, ne passera que de quinze à treize heures par jour de canicule. La végétalisation a de très nombreux avantages – pour la biodiversité, les passants sont à l’ombre, la ville est plus agréable –, mais elle n’est pas en mesure de refroidir nos intérieurs. L’isolation est à double tranchant : elle ralentit l’entrée de chaleur mais bloque aussi sa sortie la nuit, elle est utile mais insuffisante. Les urbanistes et architectes préconisent des formes bioclimatiques de ventilation naturelle. Ils ont raison, mais l’immense majorité du parc est déjà là, et ne se prête pas à des transformations radicales, comme les logements traversants, à double orientation. Quant aux ventilateurs, ils sont peu chers, utiles, mais insuffisants à eux seuls. Face à cela, pourquoi la « clim » est-elle devenue le grand méchant repoussoir ? Les chiffres balaient les fantasmes. Une climatisation domestique consomme à peu près autant qu’un réfrigérateur qui, soit dit au passage, est lui-même le terminal d’une chaîne du froid coûteuse en énergie, mais que personne ne conteste. Sa demande électrique se marie bien avec la combinaison solaire + batterie, nous sommes exportateurs d’électricité décarbonée et le réseau est dimensionné pour ces appels de puissance. En France, la climatisation pèse moins de 1 % des émissions de gaz à effet de serre. Il vous reste 54.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Promouvoir la climatisation en remplacement d’une chaudière au gaz ou au fioul, c’est gagner sur tous les tableaux »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », l’ingénieur Arthur de Lassus plaide pour un droit à la fraîcheur, estimant que « la climatisation n’est pas l’ennemie du climat ».







