Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Tribune Franck Lirzin Polytechnicien et ingénieur des Mines Face à la vague de chaleur qui met la France sous tension, des solutions existent, soutient Franck Lirzin, ingénieur des Mines et polytechnicien, dans une tribune au « Monde ». Pour lui, « le problème n’est pas technologique, mais politique ». Publié aujourd’hui à 08h30, modifié à 09h37 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Des trains supprimés, des centrales nucléaires bridées, des centres de données menacés, des vols retardés, des écoles fermées, des hôpitaux sous tension… Ce tableau évoque un pays en crise : une guerre, une pandémie. Il s’agit pourtant de la France en juin, confrontée à sa deuxième vague de chaleur de l’année. Une France ordinaire, dans un été qui l’est de moins en moins. La France possède l’une des infrastructures les plus denses du monde : un réseau ferroviaire parmi les premiers d’Europe, un parc nucléaire assurant les trois quarts de sa production électrique, des autoroutes, des fibres optiques, des data centers qui font tourner l’économie numérique. C’est une fierté nationale et un atout réel. Cependant, ces infrastructures ont été conçues pour un autre monde. Construites entre les années 1850 et les années 1990, selon les secteurs, elles ont été calibrées pour un climat tempéré et stable que nous n’avons plus. Le résultat est visible chaque été. Paradoxe saisissant : au moment où la demande d’électricité explose, la production se contracte. Sans adaptation, les pertes nucléaires liées aux contraintes environnementales pourraient passer de 0,3 % aujourd’hui à 1,5 % en 2050. Les data centers, socle de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle, ne sont pas épargnés. En effet, plus d’un quart des projets français seraient déjà à haut risque climatique dès 2026, et les dommages pourraient être multipliés par quatre d’ici à la fin du siècle. Le changement climatique n’agit pas comme une bombe. Il agit comme un poison lent. Il accélère le vieillissement des équipements, fragilise les systèmes jusqu’au point de rupture. Les routes se dégradent plus rapidement, les ouvrages d’art et les bâtiments publics vieillissent plus vite que prévu, avec des budgets qui n’ont pas été calibrés pour cette accélération. Peu à peu, des territoires et des biens deviennent non assurables. Quand le risque se fait trop important, les assureurs se retirent et la charge retombe sur les collectivités et les particuliers, et en premier lieu sur ceux dont les moyens d’adaptation sont les plus faibles. C’est un effritement silencieux de la solidarité collective, et ses effets sont déjà visibles dans les territoires les plus exposés (littoraux, vallées fluviales et villes denses sans végétation). Il vous reste 53.35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Canicule : « Construites entre les années 1850 et les années 1990, nos infrastructures ont été conçues pour un climat tempéré que nous n’avons plus »
TRIBUNE. Face à la vague de chaleur qui met la France sous tension, des solutions existent, soutient Franck Lirzin, ingénieur des Mines et polytechnicien, dans une tribune au « Monde ». Pour lui, « le problème n’est pas technologique, mais politique ».














