Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Tribune Cédric Philibert Président d’Avenirs énergétiques Ce que l’isolation sait le mieux faire, c’est retenir la chaleur à l’intérieur, explique l’expert en énergies Cédric Philibert, dans une tribune au « Monde », qui recommande l’usage de pompes à chaleur, plus versatiles. Publié aujourd’hui à 17h00, modifié à 17h05 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés L’isolation thermique des bâtiments, objet d’un large consensus depuis des décennies, perçue comme essentielle à la réduction des émissions de gaz à effet de serre due au chauffage des bâtiments, avait déjà du plomb dans l’aile. Son efficacité reste modeste, et son coût élevé : une réduction des consommations de 8,9 % en moyenne pour les logements chauffés au gaz, ou 16,6 % dans le cas des logements les plus énergivores, nous dit une étude de l’Observatoire national de la rénovation énergétique. Les « gestes » isolés de rénovation thermique soutenus par MaPrimeRenov’consistent, pour plus des deux tiers, en changements de modes de chauffage ou de production d’eau chaude, et pour moins d’un tiers en améliorations de l’isolation thermique (fenêtres, murs, toitures). Celle-ci apporte un meilleur confort d’hiver, mais laisse subsister des « ponts thermiques » par où s’échappent les calories. Les experts de Négawatt ou de l’Agence de la transition écologique [Ademe] préfèrent les rénovations globales, plus efficaces, mais dont le coût moyen approche les 50 000 euros, contre 12 000 euros pour les « gestes » isolés. Les aides ne suffisent pas toujours à décider les propriétaires à investir, et l’Etat n’en a plus les moyens. Mais voilà : ce que l’isolation sait le mieux faire, c’est retenir la chaleur à l’intérieur. Face aux canicules toujours plus précoces, intenses et prolongées, elle est souvent impuissante, voire contre-productive. L’isolation des toitures sur lesquelles frappe le soleil reste indispensable, mais elle est aujourd’hui rare dans les gestes aidés, selon l’observatoire. Il faut avant tout réduire les apports d’énergie lumineuse par le biais des fenêtres, ventiler les bâtiments… et leurs occupants. Volets ou stores, et ventilateurs de plafond, réduisent les charges de climatisation, mais n’en suppriment pas la nécessité croissante. Augmenter l’inertie thermique du bâti, en sus de l’isolation, est la recommandation usuelle en réponse à cette critique de l’isolation. Les maisons anciennes aux épais murs de pierre n’offrent-elles pas un abri efficace en été ? C’est vrai ou plutôt c’était vrai : l’inertie ne permet de résister aux après-midi torrides qu’à la condition que les nuits soient fraîches. Or, celle-ci est de moins en moins souvent satisfaite : dans le contexte du dérèglement climatique, l’inertie retarde la montée en température intérieure… puis la prolonge ! Il vous reste 41.2% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.