Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Climat Climat Climat Tribune Jean-Louis Missika Ancien adjoint au maire de Paris Dans une tribune au « Monde », l’ancien adjoint au maire de Paris Jean-Louis Missika souligne la valeur des espaces souterrains, qu’il définit comme des ressources précieuses et pourtant encore inexploitées pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique dans les villes. Publié aujourd’hui à 18h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Lorsque revient la canicule, la ville cherche de l’air. Elle plante des arbres, blanchit ses toitures, multiplie les climatiseurs, ouvre des « îlots de fraîcheur » à ses habitants. Toujours en surface. Pourtant, la réserve de fraîcheur la plus stable qu’une ville possède se trouve à 3 mètres sous ses pieds. A cette profondeur, le sol garde une température constante, entre 10 °C et 16 °C, été comme hiver. Le XXe siècle a enfoui dans le sol les parkings et les grands réseaux (eau, gaz, électricité, métro, égouts), il a réduit le sous-sol à un espace de service, caché, oublié. Le changement climatique nous oblige à le regarder autrement : non plus comme un espace de service invisible, mais comme une infrastructure de résilience. Le climatiseur individuel n’est pas la seule solution pour rafraîchir un appartement ou une école. Le réseau de froid est une alternative collective, sous terre. Fraîcheur de Paris, exploité par Engie et la RATP, est le plus grand réseau de froid urbain d’Europe : plus de 100 kilomètres de canalisations puisent dans la Seine et desservent déjà plus de 850 bâtiments. Comparé aux appareils individuels, ce réseau divise par deux la consommation d’énergie et les émissions de CO₂, réduit de 65 % la consommation d’eau et ne rejette aucun air chaud dans les rues. L’objectif est de tripler le nombre de bâtiments raccordés d’ici à 2042, en commençant par les écoles, les crèches, les maisons de retraite et les hôpitaux. Toutes les villes traversées par un fleuve devraient étudier sérieusement cette solution alternative à la climatisation classique. Et si toutes les villes ne sont pas traversées par un fleuve, toutes reposent sur un sol qui, dès quelques mètres de profondeur, conserve cette même fraîcheur stable. On peut la capter par de simples échangeurs, sans même recourir à une pompe à chaleur : c’est le « géocooling », ou rafraîchissement passif, capable de produire jusqu’à 60 kilowattheures de froid pour un seul consommé. Il vous reste 71.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.