Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Climat Climat Climat Tribune Françoise Vimeux Climatologue Cinquante ans plus tard, les derniers jours du mois de mai ressemblent aux premiers jours de l’été 1976, explique la climatologue Françoise Vimeux dans une tribune au « Monde ». Afin de mieux anticiper ces désordres météorologiques appelés à devenir plus réguliers et plus intenses, elle préconise « une adaptation transformative et structurelle ». Publié aujourd’hui à 09h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés La chaleur survenue cette semaine sur l’ensemble de notre territoire a été inédite par sa précocité et son intensité. Des centaines de records de température ont été battus un peu partout en France pour un mois de mai. Jamais les vigilances canicule mises en place en 2004 n’avaient été déclenchées avant le mois de juin. Il est trop tôt pour savoir si Météo France qualifiera cet épisode de vraie « vague de chaleur ». Ce terme répond en effet à des critères stricts, selon lesquels la température moyenne sur l’ensemble de notre territoire doit dépasser certains seuils. Toujours est-il que nous n’avons jamais été aussi proches d’une vraie vague de chaleur aussi tôt dans l’année. Alors comment se compare-t-elle à ses consœurs, en particulier aux plus mémorables d’entre elles ? A Paris, Météo France nous apprend que, dès samedi 30 mai, les températures auront probablement dépassé les 32 °C sur huit jours consécutifs. Cette situation dans la capitale n’est arrivée que trois fois – en 1947, 1976 et 2003 – tous mois confondus. A l’échelle nationale, la moyenne de la température sur les derniers jours est comparable à celle atteinte au cours de la canicule de 1976, du 23 juin au 7 juillet. Ainsi, cinquante ans plus tard, les derniers jours du mois de mai ressemblent-ils aux premiers jours de l’été 1976 ! L’intensité de la canicule de 1976, et de l’épisode que nous venons de traverser, reste toutefois bien inférieure à celle enregistrée au cours des canicules les plus chaudes qui nous ont accablés depuis le début du XXIe siècle, comme en 2003, 2019, 2022 ou 2025. Il est erroné de citer la vague de chaleur de 1976 pour argumenter qu’il a toujours fait chaud. Quant à l’été 1976 dans son ensemble, il s’apparente à un été moyen après 1990. Pas de quoi l’ériger en modèle de chaleur quand on parle en 2026… Envisager même le moins probable Une vague de chaleur aussi forte aussi tôt dans l’année était-elle prévisible ? Les modèles de prévisions météorologiques ont vu venir ce dôme de chaleur, son intensité et sa durée probable. Les modèles de climat aussi, et depuis un moment. Une vague de chaleur aussi intense au mois de mai aurait été impossible dans un climat non modifié par les activités humaines. Il vous reste 62.49% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Nous ne reviendrons pas au climat de notre enfance au cours du XXIᵉ siècle, même si nous réussissons à décarboner nos modes de vie »
TRIBUNE. Cinquante ans plus tard, les derniers jours du mois de mai ressemblent aux premiers jours de l’été 1976, explique la climatologue Françoise Vimeux dans une tribune au « Monde ». Afin de mieux anticiper ces désordres météorologiques appelés à devenir plus réguliers et plus intenses, elle préconise « une adaptation transformative et structurelle ».













