Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Planète Planète Planète Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Canicules et vagues de chaleur Chronique Stéphane Foucart Journaliste au service « Planète » Les mesures de lutte contre le réchauffement ne sont pas de simples ajustements techniques. Or sur les politiques menées pour ralentir ou entraver la poursuite du réchauffement, les critiques de l’action conduite depuis dix ans s’accumulent, observe Stéphane Foucart, journaliste au service « Planète », dans sa chronique. Publié aujourd’hui à 05h00, modifié à 10h58 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés La canicule est un révélateur impitoyable des carences d’une politique. Aucun élément de langage, aucune dénégation, ni aucun discours ne peuvent dissoudre les dix jours d’épreuve traversés par des millions de Français – que ce soit à leur domicile ou dans les transports, à leur travail, dans les lieux d’accueil du public, dans les exploitations agricoles, dans les établissements scolaires, les crèches, les maisons de retraite ou les hôpitaux. Chacun a pu constater que la société dans son ensemble – les individus, les entreprises, les administrations, etc. – n’est pas adaptée à ce genre de choc. Comme le dit en substance la climatologue Valérie Masson-Delmotte, le climat dans lequel nos sociétés se sont construites et développées n’existe plus. Aux critiques formulées à son endroit, Emmanuel Macron a rétorqué que « le gros du travail » avait été fait sous ses deux mandats pour adapter le pays. Mais le président de la République semble lui-même en douter. « On ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui en Europe et qui n’a jamais eu d’équivalent dans notre histoire », a-t-il aussitôt ajouté, trahissant ainsi une profonde incompréhension sur la nature et la gravité du réchauffement en cours. Car, c’est le principe même de la dérive climatique, celle-ci est précisément faite de la survenue, puis de la multiplication, d’« événements n’ayant jamais eu d’équivalent dans notre histoire ». C’est la définition. Des canicules semblables à celle qui vient de s’achever se reproduiront, et de plus en plus fréquemment. Et d’autres, plus sévères, surviendront à l’évidence. L’aveu présidentiel est d’autant plus inquiétant qu’il entre en collision frontale avec le tournant de l’adaptation, qui domine désormais les discours du gouvernement sur la question climatique. Ce mot d’ordre est monté en puissance il y a un peu plus de deux ans, sous l’impulsion du ministre de la transition écologique d’alors, Christophe Béchu. Fin janvier 2024, M. Béchu avait ainsi annoncé réunir « élus, citoyens, acteurs, société civile et experts pour échanger sur la nécessaire adaptation de la France face au + 4 °C prévu d’ici à la fin du siècle ». Un réchauffement de l’Hexagone de 4 °C d’ici à 2100 (soit environ + 3 °C au niveau mondial) était présenté, sans trembler, comme le scénario tendanciel de référence. Il vous reste 59.69% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.