Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Bloc central Bloc central Bloc central Éditorial Le Monde Davantage motivé par des inimitiés personnelles que par des divergences de fond, le maintien des candidatures de Gabriel Attal et d’Edouard Philippe contribue à la dispersion des voix de cette famille politique. Marine Le Pen ne peut que profiter de ces divisions qui lui permettent de continuer à faire seule la course en tête. Publié aujourd’hui à 10h37 Temps de Lecture 2 min. Plus la campagne présidentielle avance, plus les différences entre les deux candidats issus du bloc central, Gabriel Attal (Renaissance) et Edouard Philippe (Horizons), sont difficiles à percevoir. Les points communs entre les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron sont nombreux, notamment sur l’économie. Lors du débat organisé par le Medef, jeudi 27 août, les deux hommes ont ainsi proposé des solutions équivalentes : dénonciation des normes présentées comme entravant l’activité économique ; la défense de l’idée de « travailler plus » ; diminution des cotisations sociales et des impôts de production ; volonté identique de s’attaquer à l’assurance-chômage. Même si des différences notables demeurent au sujet des retraites – M. Attal voulant supprimer la notion d’âge légal quand M. Philippe veut repousser cette borne d’âge –, tous deux défendent la politique de l’offre. Sur l’éducation aussi, les convergences existent : les deux hommes ont également proposé d’augmenter la rémunération des enseignants. Mais ce jeu de miroirs est surtout notable au sujet de l’immigration. MM. Philippe et Attal ont tous deux dévoilé une ligne dure sur cette question depuis la crise de Ceuta, en juillet, quand plus de 70 000 migrants majoritairement marocains ont pénétré dans l’enclave espagnole. Le maire du Havre, par exemple, propose la création d’un centre de retour pour les immigrés illégaux de Mayotte. Il veut également instaurer un « verrou Schengen », pour qu’aucun Etat européen ne puisse « engager seul une régularisation massive » de clandestins « au-delà d’un seuil défini collectivement » et « sans accord préalable ». M. Attal, de son côté, défend la mise en place de « quotas limitatifs », quitte à devoir modifier la Constitution. Cette surenchère, dont l’objectif est, à court terme, de limiter l’hémorragie de leurs électeurs vers la candidature du Rassemblement national (RN), constitue un choix politique funeste à l’horizon de 2027. En reprenant les mots et les thèmes de l’extrême droite, les deux candidats de centre droit, loin d’affaiblir le RN, le renforcent en légitimant ses idées. Dans l’éparpillement politique qui définit ce début de la campagne présidentielle, le maintien de ces deux candidatures jumelles interroge. Davantage motivé par des inimitiés personnelles que par des divergences de fond, il contribue à la dispersion des choix au sein de cette famille politique, avec, comme conséquence directe, la possibilité qu’aucun des deux prétendants à l’Elysée ne puisse se qualifier au second tour. Marine Le Pen, qui fait figure de favorite dans les sondages, ne peut que profiter de ces divisions qui lui permettent de continuer à faire seule la course en tête. Pour les candidats issus du bloc central, il y a donc urgence à se ressaisir, un peu moins de huit mois avant le scrutin d’avril. Aucune de ces deux candidatures ne bénéficie, pour l’heure, d’une dynamique suffisante pour s’imposer face à l’autre. Devant cette situation, de plus en plus de voix – notamment le maire (Nouvelle Energie, ancien Les Républicains) de Cannes, David Lisnard, et le président centriste de la région Normandie, Hervé Morin – plaident pour une grande primaire de la droite et du centre pour départager les candidats. Cette piste de réflexion mérite d’être explorée, même si elle est encore floue, puisqu’on n’en connaît ni le périmètre ni les modalités. Elle arrive, cependant, bien trop tardivement. Le Monde
Présidentielle 2027 : les incompréhensibles divisions du bloc central
ÉDITORIAL. Davantage motivé par des inimitiés personnelles que par des divergences de fond, le maintien des candidatures de Gabriel Attal et d’Edouard Philippe contribue à la dispersion des voix de cette famille politique. Marine Le Pen ne peut que profiter de ces divisions qui lui permettent de continuer à faire seule la course en tête.







